On a tous entendu parler du fameux « moment de vérité » de l’entretien d’embauche. Sauf que parfois, vérité rime avec WTF absolu. Ce fameux instant où le candidat se révèle… parfois un peu trop naturel ! Préparez-vous à plonger dans la réalité déconcertante (parfois hilarante) des entretiens qui déraillent, avec Antoine Berthéas, chef d’entreprise aguerri, à la manœuvre. Aucun joint n’a été allumé pendant la rédaction de cet article (mais ça aurait pu).
Quand le savoir-être se fait la malle
Prenez Antonie Berthéas, co-fondateur d’une entreprise d’implantation commerciale près de Nantes. En dix ans de recrutement, il pourrait écrire un livre d’anecdotes, et franchement, ça dépasserait sûrement la fiction. Car pour lui, l’entretien d’embauche, ce n’est pas juste une formalité : c’est un véritable rite de passage.
Mais voilà, tout le monde ne donne pas le même sens à l’exercice. Et les jeunes candidats – particulièrement les moins de 25 ans – semblent parfois venus d’une planète parallèle, à en croire son expérience. D’ailleurs, il estime qu’un entretien sur quatre, pour les plus jeunes, vire au grand n’importe quoi sur le plan du savoir-être.
Répertoire des situations ubuesques
Des candidats qui dérapent ? Antoine en a vu. Quelques pépites :
- La candidate qui débarque, mâche son chewing-gum, installe les pieds sous les fesses, et commence carrément à se balancer sur la chaise. À la question sur ses motivations ? « La seule chose qui compte est de savoir combien c’est payé. » Après avoir recraché sa gomme et repris un semblant de sérieux (enfin, pas tout à fait), elle campe fièrement sur son attitude de défi. Recrutée ? Spoiler : non.
- L’entretien où le miroir devient plus fascinant que le recruteur. Un simple miroir accroché derrière Antoine, et la candidate se métamorphose : elle se recoiffe, mime, se fait des grimaces… Le tout en pleine conversation, comme si elle était en pleine story TikTok. Il lui rappelle poliment sa présence, mais rien n’y fait, le manège repart quatre ou cinq fois. « Désolée, mais quand il y a un miroir, je ne peux pas résister à l’envie de me regarder », confesse-t-elle. Narcissisme, quand tu nous tiens…
- La palme de la distraction revient à cet autre candidat qui, sans vergogne, pianote sur son smartphone pendant l’entretien. Interpellé, il range brièvement le téléphone… le récupère subrepticement comme un enfant pris la main dans le pot de confiture, et recommence à envoyer des messages. Au bout de trois rappels à l’ordre, Antoine se voit dans l’obligation de carrément confisquer l’objet. Autant dire que la scène a laissé des traces… côté recruteur et recruté.
- L’ambiance ne manque jamais de surprise : ainsi ce jeune, fraîchement sorti d’école de commerce, à qui l’on demande de se présenter. Il répond d’emblée : « Je vais être clair avec vous, je suis un numéro 1, un battant, donc à moins de 50 000 € par an, je ne discute pas. » Atmosphère refroidie sur-le-champ. L’offre ne peut suivre cette exigence, et l’entretien menace d’être écourté. Interrogé sur sa durée de recherche d’emploi : six mois. Légitime de refuser de se « brader », peut-être, mais côté négociation, il y a du boulot…
Le savoir-être : génération galère ?
Pour Antoine Berthéas, pas de doute : jamais il n’avait croisé autant de galères comportementales il y a dix ou quinze ans. Le chef d’entreprise remarque une évolution générationnelle, qui l’oblige même à donner des leçons de base à chaque nouvelle embauche. Parmi les grands classiques à enseigner :
- Répondre à un email en commençant par « bonjour » et en finissant par « au revoir »
- Répondre au téléphone sans lâcher un « ouais » lapidaire
Lui qui pensait que le diplôme et les bonnes études suffisaient a rapidement compris que « tête bien faite » et comportement « normal » sont aujourd’hui deux critères aussi rares que précieux. Quand les deux sont réunis, on ne laisse surtout pas passer le candidat !
Conseil d’embauche pour survivre à la jungle du recrutement
La bonne nouvelle, c’est que chaque grand moment de solitude pour les recruteurs offre à Antoine Berthéas l’occasion (parfois) de prodiguer quelques conseils aux intéressés. Car, même confronté à la plus improbable des situations, il se fait un devoir d’aller au bout de l’entretien. Mission : recadrer, orienter, conseiller les jeunes loups du marché du travail sur ce qu’il ne faut, vraiment, jamais faire.
À ceux qui cherchent un job : un chewing-gum cracheur, un miroir envahissant ou un smartphone greffé à la main, voilà le genre de détails qui peuvent transformer le précieux entretien en mémorable bide. Osez le respect de base – et, qui sait, le poste de rêve pourrait vous tendre les bras. En attendant, les recruteurs n’ont pas fini de collectionner les histoires (et d’en rire… ou d’en pleurer).

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
