Ils révolutionnent les antiquités : la nouvelle génération qui bouscule tous les codes

Ils révolutionnent les antiquités : la nouvelle génération qui bouscule tous les codes
ils revolutionnent les antiquites la nouvelle generation qui bouscule tous les codes

Qui a dit qu’antiquaire rimait forcément avec naphtaline ? Désormais, la jeune génération rivalise d’audace pour dépoussiérer le métier, insufflant lumière et modernité dans un univers trop souvent imaginé comme plongé dans la pénombre et la nostalgie. Cap sur ces trentenaires qui osent chambouler les codes : bienvenue chez les révolutionnaires de l’antiquité !

Une profession qui fait peau neuve

Pour beaucoup, pousser la porte d’un magasin d’antiquités, c’est un peu comme pénétrer dans le bureau encombré d’un oncle excentrique ou dans une boutique magique à la Harry Potter : un capharnaüm accueillant, où dort un vieil érudit veillant sur ses secrets poussiéreux. Mais la réalité est tout autre chez Marius Simon (Eure), Mathieu Py (Perpignan), Julien Leroy (Angers), Anna Currenti (Bordeaux), ou encore dans la galerie Artwins à Paris, où se sont associées un temps Alix Basier et Caroline Thieffry. Ici, la lumière terrasse l’ombre. Les objets sont exposés à tous : amateurs tatillons, curieux en balade ou collectionneurs avertis, chacun trouve de quoi s’émerveiller.

Leur point commun ? Ces lauréats de la première édition du prix Marcus du jeune marchand (parrainé par Stéphane Bern et né sous l’impulsion du Syndicat national du commerce de l’antiquité, de l’occasion et des galeries d’art – SNCAO-GA), savent s’approprier les codes contemporains de communication et de vente. Instagram remplace la longue-vue poussiéreuse : ici, la vitrine donne sur le monde entier.

Passions, parcours et transmission : des profils qui cassent les moules

Cette vague montante d’antiquaires, âgés de 28 à 36 ans, n’a rien du cliché du brocanteur engoncé dans le passé. On croise des passionnés du XXe siècle, d’autres fous du mobilier XVIIIe ou XIXe, des amoureux des tableaux anciens.

  • Caroline Thieffry, par exemple, cultive un goût né de son grand-père passé par les écoles d’art. Tombée amoureuse de l’Art nouveau, elle a fait de la peinture nabi sa spécialité après avoir étudié à la Sorbonne puis s’être formée chez Sotheby’s. Sa devise ? Découvrir l’œuvre oubliée. « C’est très grisant », résume-t-elle.
  • Marius Simon, héritier d’une lignée d’antiquaires normands, a choisi de se forger une expérience singulière : master en poche, stages, immersion aux Puces de Saint-Ouen… jusqu’à ouvrir sa propre boutique spécialisée dans la verrerie Art nouveau et les arts décoratifs fin XIXe-début XXe. Pour lui, être marchand aujourd’hui, « c’est aussi se remettre en question en permanence ». Et tant pis si les meubles rustiques ne font plus fureur : il s’agit d’inventer de nouveaux marchés, en s’appuyant sur les réseaux sociaux comme tremplins.
  • Anna Currenti, quant à elle, rêve le XVIIIe siècle à travers meubles raffinés et objets patrimoniaux. Elle assume un mot d’ordre : « Dépoussiérer le métier pour transmettre aux jeunes tout l’émerveillement face aux objets anciens ». Être antiquaire, c’est bien plus que l’achat-revente : « C’est une aventure entrepreneuriale avec la noblesse du patrimoine ».
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Manolo Vosse, éternel transmetteur de 24 ans, n’a même pas attendu de remporter le prix Marcus pour faire parler de lui. Petit-fils de sellier, fils d’un fabricant d’arcs, il a acheté « des centaines de livres » avant de s’intéresser à la Haute époque (du Moyen Âge au XVIIe siècle) et s’apprête à ouvrir une boutique à Saint-Ouen. Chez lui, la passion l’emporte sur la possession :

  • « Transmettre est ma passion et mon privilège », confie-t-il, préférant voir ses trouvailles passer de mains en mains plutôt que s’entasser sur ses étagères.

Inventer l’avenir sans tourner le dos au passé

Le métier, aujourd’hui, n’est pas de tout repos. Après le coup d’arrêt du Covid, le secteur peine à retrouver son rythme : le numérique bouleverse la donne, enferme certains dans la virtualité, alors que d’autres continuent de jurer par l’expérience physique des foires et salons. Jérôme Henry et Geoffray Riondet (SNCAO-GA) l’assurent toutefois : pour exister, il faut mixer galerie, réseaux sociaux… et participation aux rendez-vous du métier, là où se joue le vrai partage de savoir.

Mais attention, l’antiquaire n’est pas qu’un commerçant allergique aux étiquettes de prix. Rémi Machard, le président du syndicat, tient à recadrer l’image : « Être antiquaire ne repose pas sur la seule notion de prix. Nous sommes d’abord des acteurs culturels, des passeurs d’objets et d’histoires ». L’émission « Affaire conclue » de France 2 ? Amusante, mais un peu trompeuse. L’argent, ce n’est « pas tout. Loin de là ». Pivot de la profession : la passion du beau, l’amour de la transmission, la soif de connaissance.

La grande foire de la nouveauté

Cette nouvelle vague ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Plus de 300 marchands venus de toute la France et d’ailleurs, les lauréats du prix Marcus, et des milliers de visiteurs sont attendus à la Foire de Chatou, organisée deux fois l’an par le SNCAO-GA. L’occasion parfaite pour découvrir ces visages qui incarnent la mutation à l’œuvre… et pourquoi pas repartir avec LE trésor que personne n’aura su remarquer ?

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Un conseil ? Si vous cherchez des talents et du goût, oubliez les greniers tristes et les vieilles idées : l’avenir des antiquités se joue aujourd’hui, entre feed Instagram et foires animées. Venez chiner avec la jeunesse !

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