“Je suis riche, mais personne ne le sait” : le quotidien secret de Léa, 35 ans

“Je suis riche, mais personne ne le sait” : le quotidien secret de Léa, 35 ans
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Qui a dit que la richesse devait rimer avec strass, paillettes et photo Booth sur Instagram ? Pour Léa, 35 ans, la vie est loin du cliché du (ou de la) fortuné(e) qui voit le monde à travers des verres teintés en or. Riche, oui, mais incognito : elle décrypte son quotidien fait de patrimoines planqués, de barrières psychologiques à 39 euros et d’une discrétion plus affûtée que son banquier.

Un parcours aidé, mais discret… et tabou

Léa ne plaisante pas quand elle dit : « Je crois qu’on peut dire que je suis riche, mais pas grand monde le sait. » Depuis toujours, elle est propriétaire des toits sous lesquels elle dort. Fille de parents précautionneux, elle n’a jamais été locataire : ses parents avaient économisé pour elle afin qu’elle puisse se lancer, à 20 ans, dans la vie d’adulte sans passer par la case « loyer à fond perdu ».

Arrive le moment de s’installer avec son compagnon. D’abord un an à jouer (sagement) aux locataires chez lui, puis hop : ils s’achètent une maison à 187 000 euros, sans même chatouiller la banque pour un crédit. Merci Papa, qui avait mis de côté 150 000 euros pour elle ! Astuce patrimoniale made in family : la SCI, une création sur suggestion paternelle (mais que Léa confie ne pas trop avoir comprise). 70 % des parts pour elle, 30 % pour son compagnon. Si séparation, chacun récupère ses billes, sans drame ni solidarité financière forcée – l’absence de crédit simplifie tout.

Son compagnon, lui, doit sa mise à l’héritage d’un parent disparu trop tôt. « Mes parents, à moi, sont bien vivants, » précise Léa. L’argent est là, mais l’ombre plane : « Depuis toujours, je suis très mal à l’aise avec tout ça. » Longtemps, elle n’a rien dit à personne sur cette aisance. Mieux, elle mentait quand venait la fameuse question du crédit. « Je ne connaissais rien aux taux, alors on me félicitait ou on plaignait mon “taux pourri” », admet-elle avec amusement… et gêne.

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De la culpabilité à l’assumation (presque)

Léa l’avoue sans détour : elle a longtemps considéré tout cela comme « pas normal ». À l’inverse de ses amis, qui grimaçaient devant un conseiller bancaire à 25 ans, elle n’avait pas connu cette étape d’apprentissage collectif. Cette différence la démangeait autant qu’une étiquette qui gratte, alors elle a préféré cacher la vérité plutôt que se sentir « privilégiée » ou mise à part. Mais la roue tourne.

En 2018, nouvelle maison, nouveau cycle. Ils revendent au prix d’achat, puis rachètent… Encore une fois sans crédit. Cette fois-ci, la donation du père et la rigueur économe du compagnon permettent une répartition à 50/50. Petit à petit, Léa se détend : « Aujourd’hui, j’assume plus. Je trouve ça moins indécent, après tout ce temps à bosser. » Mieux : elle a fait les calculs et sait que même sans coup de pouce parental, ils auraient pu acheter en empruntant. Une petite victoire sur ce sentiment d’illégitimité…

Une vie (presque) normale… mais très maîtrisée !

Côté train de vie, on repassera sur l’extravagance. Si Léa dispose de 200 000 euros de côté (oui, oui, vous avez bien lu), elle se décrit comme la reine des budgets cadrés :

  • 1 000 euros partent chaque mois sur l’épargne dès le virement du salaire.
  • Les 1 000 euros restants servent à faire tourner la maison, sans se priver, mais sans folie non plus.
  • À la moindre dépense qui titille ses barrières mentales (un jean à plus de 50 euros ? Alerte rouge !), elle passe son chemin ou réfléchit.
  • Voiture : leur limite assumée, 15 000 euros. Vacances : 120 à 130 euros maxi par nuit – et encore !

Son compagnon, encore plus limiteur, freine des quatre fers à la moindre offre trop chic. Dernières vacances ? Train de jour (moins fun mais deux fois moins cher), alors qu’ils auraient pu offrir à leur fils un trajet de nuit à 700 euros. mais Léa a rapidement fermé l’application : « Impossible ! »

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Leur plaisir, c’est aussi de chasser les bonnes affaires : Vinted devient le terrain de jeu pour acheter d’occasion, surtout pour les cadeaux de Noël (30 euros sur Vinted, tour Pat’Patrouille de collègue à 15 euros, total : 45 euros pour combler leur fils). Léa souligne : ce choix vient d’un mélange d’engagement écologique, d’économie et d’absence de frustration – car la possibilité d’acheter neuf reste là, en embuscade. Le jeu, et non la contrainte. « Si je ne trouve pas sur Vinted, j’achète neuf sans culpabilité. »

Riche, oui, mais ni investisseuse ni flambeuse… et encore moins satisfaite de son privilège

Les 200 000 euros dorment, rassurent mais ne sont pas là pour grossir un capital via un investissement locatif. Léa n’a « aucune envie de gérer des locataires » et préfère garder cet argent « inerte », sans aucun ressentiment de devoir le faire fructifier. D’ailleurs, elle le voit comme une réserve à transmettre à ses propres enfants, pour « qu’ils soient à l’aise comme nous, pour leur permis, voiture, études ou l’apport d’une maison ».

Son rapport à l’argent, encore parfois douloureux, se mesure à de petits détails : au boulot, elle n’a pas souscrit à l’assurance prévoyance supplémentaire – inutile, vu ses économies ! – mais, gênée, elle a fini par la prendre au minimum « pour que personne ne sache que je n’en avais pas besoin ».

Conclusion ? Léa prouve qu’on peut avoir un capital confortable sans rouler des mécaniques, ni avoir envie de tout dépenser. Son conseil implicite : la prudence et la discrétion valent souvent mieux que les fausses flamboyances. Et, tant qu’à faire, acheter d’occasion, ça fait plaisir… surtout quand on n’est pas forcé de le faire.

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