“J’osais pas en parler” : ses conseils inattendus pour révéler son handicap au travail

“J’osais pas en parler” : ses conseils inattendus pour révéler son handicap au travail
j osais pas en parler ses conseils inattendus pour reveler son handicap au travail

Avouer ou taire son handicap au travail ? La question taraude, titille, et… angoisse parfois ! Dans les coulisses d’un atelier à Nantes, des chercheurs d’emploi en situation de handicap lèvent le voile sur leurs doutes et, grâce à une professionnelle aguerrie, découvrent des conseils aussi concrets qu’inattendus pour s’affirmer (et non s’excuser !) face aux recruteurs.

Parler ou ne pas parler du handicap : telle est la question

Dans les locaux de France Travail, à Haluchère (Nantes), deux femmes et trois hommes se retrouvent autour de Karine Gendron, conseillère chez Cap emploi. Ceux-là ne sont pas venus pour parler ouvertement de leur handicap ; et pourtant, impossible d’y échapper quand il faut préparer un entretien d’embauche. Karine Gendron rappelle un chiffre marquant : 90 % des handicaps ne se voient pas. Oui, vous avez bien lu ! Autant dire qu’il ne suffit pas de regarder pour comprendre les besoins de chacun.

Certes, les entreprises deviennent peu à peu plus ouvertes sur le sujet. Néanmoins, admet la professionnelle, le handicap « reste encore largement stigmatisé » et les stigmates, eux, ont la vie dure… Voilà de quoi rappeler l’intérêt de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, qui démarre en ce 17 novembre !

Des vécus parfois douloureux, un chômage au double

Le constat ne surprend personne dans la pièce : tous ont déjà vécu des situations désagréables, parfois franchement pénibles. Entre le recruteur qui amorce une sortie express en découvrant la situation et le client du supermarché qui s’interroge, façon détective, sur votre légitimité à une caisse prioritaire, il y a de quoi se sentir sur la sellette. Petite info qui pèse : le taux de chômage des personnes handicapées culmine à 12 %, quasiment le double de la moyenne nationale. Comme quoi, la recherche d’emploi en situation de handicap, ce n’est vraiment pas un long fleuve tranquille.

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Le CV : terrain miné ou coup d’audace ?

Premier conseil-choc de Karine Gendron, professionnel du recrutement :

  • Ne pas indiquer son handicap sur le CV.

« C’est risqué », résume-t-elle sans détour. Sauf, bien entendu, lorsque l’on postule dans une entreprise adaptée. Exemple : cette jeune femme (restera-t-elle mystérieuse ? Oui !) affirme ne plus jamais vouloir remettre un pied dans une entreprise « classique ». Son expérience fut amère. Submergée par le besoin de compenser sans oser parler de ses difficultés, elle s’était épuisée, jusqu’au burn-out. « Plus le temps passait, plus c’était difficile, et je ne les sentais pas ouverts sur la question », confie-t-elle. Désormais, elle veut trouver un emploi dans une entreprise qui l’accueillera avec son handicap.

L’entretien : comment (bien) se dévoiler ?

Conseil inattendu de la professionnelle : « À la fin du rendez-vous, je vous invite à en parler. » Oui, mais comment, sans effrayer le recruteur ? Première règle, mettre de côté la tentation du bulletin médical. « Le recruteur n’est pas médecin », rappelle-t-elle. Il vaut mieux expliquer, en toute transparence, sa situation—sans l’énumération des diagnostics. Il n’y a d’ailleurs aucune obligation légale d’en informer l’employeur. Mais instaurer un climat de confiance, ça ne tient parfois qu’à quelques mots bien choisis !

Karine Gendron conseille d’aborder les points suivants :

  • Expliquer la fatigabilité.
  • Préciser si l’on a besoin de pauses régulières.
  • Indiquer une éventuelle limite d’heures hebdomadaires (par exemple, 28 heures).
  • Exprimer le besoin d’alterner positions assise et debout.

Son astuce phare : « Transformer ce que vous ne pouvez pas faire en ce que vous pouvez faire. » Voilà la phrase clé à retenir !

Preuve par l’expérience : une femme en reconversion professionnelle, touchée par une maladie invalidante après un cancer, avoue qu’elle aurait auparavant simplement dit « j’ai des douleurs partout ». Aujourd’hui, elle repart de l’atelier le sourire aux lèvres : « L’atelier est très positif pour moi. »

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Du côté des hommes, un développeur informatique évoque son combat avec la dyslexie. Aucune difficulté durant l’alternance, mais dans l’emploi suivant, cap a été plus difficile à passer. « À l’écrit, je fais beaucoup de fautes, pourtant un programme informatique fonctionne si la logique est bonne », plaide-t-il. Sa revendication est claire : « Que les mentalités changent ! »

En conclusion : déstigmatisons et avançons !

La Semaine du handicap, du 17 au 21 novembre, multiplie les moments dédiés, comme le Duoday, pour une journée de découverte en entreprise, et un jobdating handicap au Pianocktail à Bouguenais, de 15 h à 17 h, pour rapprocher candidats et entreprises.

Révéler son handicap n’est jamais anodin, c’est parfois un saut dans l’inconnu. Mais choisir le bon moment et les bons mots, cela change tout : pour soi, et (avec un peu de chance) pour la société aussi. À ceux ou celles qui hésitent encore, rappelez-vous : parler de son handicap, ce n’est pas s’excuser, c’est s’affirmer !

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