Quand la passion vire au cauchemar : son métier l’a complètement brisée

Quand la passion vire au cauchemar : son métier l’a complètement brisée
quand la passion vire au cauchemar son metier l a completement brisee

On a tellement entendu le célèbre adage de Confucius – « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » – qu’il en deviendrait presque une rengaine de soirée. Mais si le vieux sage voyait notre époque, il avalerait peut-être sa maxime de travers. Car aujourd’hui, la réalité du travail ne rime pas tant avec passion épanouissante qu’avec sens… et parfois, c’est la descente aux enfers assurée.

Du rêve de passion au besoin de sens

En 2024, plus question pour beaucoup d’aduler son travail comme Antigone adorait la justice. Selon une étude Opinion Way pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), quatre actifs sur dix souhaitent changer de job… mais attention, pas pour n’importe lequel ! Ils cherchent surtout un poste qui a du sens. Fini la dévotion aveugle, on préfère désormais un travail où l’on se sent utile à la société, où nos valeurs personnelles font la paix (voire la fête) avec nos valeurs pro, et où le collectif ne ressemble pas à une scène de drame grec.

  • Besoin d’utilité à la société
  • Concordance entre valeurs pros et persos
  • Vie collective épanouissante

Passion ou abnégation : quand la frontière s’effrite

Mais attention, chemin piégé ! Quand le fameux « sens » du travail se transforme en engagement total, les frontières s’effritent plus vite qu’un biscuit trempé dans le café. Les témoignages abondent, surtout dans les milieux artistiques, humanitaires ou sociaux. Confondre passion et sens, c’est risquer d’y laisser des plumes… et surtout de maigres fiches de paie. Pas gênés, certains recruteurs n’hésitent pas à surfer sur l’ambiguïté : « Rejoignez une équipe de passionnés, exprimez votre passion du métier ! » Ça en jette à l’entretien, mais côté réalité, c’est une autre chanson.

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Céline Marty, chercheuse en philosophie du travail, tire la sonnette d’alarme sur le site welcometothejungle. Selon elle, cette exultation du dévouement est une arme efficace du management pour booster l’adhésion : « En gros, c’est une technique de manipulation. » (Et ça, c’est cadeau !) Finalement, le bon vieil adage « quand on aime, on ne compte pas » dévoile sa vraie couleur : on ne compte ni ses heures… ni son salaire. Abnégation, sacrifice, on frise l’auto-flagellation avec le sourire !

Quand l’amour du métier tourne à la dépendance

C’est un glissement discret mais ravageur, comme une marée qui monte sournoisement chaque année. On finit par ne plus savoir où s’arrête notre identité personnelle et où commence notre identité professionnelle. Mélange explosif : « Ce métier passion (NDLR journaliste) m’a fait tellement fusionner avec mon travail que je n’étais plus qu’une seule et même personne, côté pile, côté face. » Bilan ? Un ménage à trois entre le boulot, soi-même et son compagnon. Ambiance à la fois fusionnelle et… toxique.

Désormais, c’est la passion qui commande :

  • On décommande des dîners amoureux pour rédiger un article urgent
  • On sacrifie des vacances, le portable jamais loin
  • On s’incruste maladroitement avec un dernier mail pro pendant une soirée entre amis
  • On laisse son humeur, son sommeil, voire sa libido au vestiaire, dévorés par le job

À ce stade, la passion s’est muée en poison. Ce n’est plus du surmenage, mais de la sur-identification : on aime tant son travail qu’on devient littéralement ce que l’on fait. Pour un soupçon d’épanouissement ou la brûlante intensité, on accepte sacrifices, renoncements, et parfois humiliations. La flamme brûle… et le moral grille avec.

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Du deuil au retour à l’équilibre : l’après passion-vertige

C’est là qu’un dicton s’impose : « Qui trop embrasse, mal étreint. » Il a fallu accepter le deuil d’un chagrin d’amour… professionnel ! Puis, on tourne la page, on entame une nouvelle histoire (avec des conditions de travail bien balisées, merci bien). On s’efforce de garder des activités personnelles, des bulles d’air en dehors du bureau. Plus question de fusion, on vise la symbiose : des frontières claires, un équilibre retrouvé.

En conclusion ? Chercher du sens dans son travail, oui. Mais pour éviter que la passion vire au cauchemar, gardons la tête froide, le cœur chaud… et une bonne distance de sécurité entre la vie pro et la vie perso. Comme dans toute relation : un peu de mystère ne fait pas de mal !

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