Vous avez ces mad skills ? La question qui fait tout basculer en entretien
Si vous pensiez qu’un entretien d’embauche se résumait à réciter votre CV par cœur et à caser discrètement le mot « proactif » dès la troisième question, il va peut-être falloir revoir votre stratégie ! Depuis quelques années, une petite révolution sourde remue le monde du recrutement : bienvenue dans l’ère des « mad skills », ces fameux talents qui ne cochent aucune case classique mais qui… font toute la différence.
Mad skills : quand l’originalité devient un atout de taille
Les recruteurs ne veulent plus seulement des candidats à la fiche de poste irréprochable. Ils traquent aussi la petite étincelle, ce « je-ne-sais-quoi » d’atypique qui peut changer la dynamique d’une équipe. On parle ici des « mad skills » : des compétences folles, au sens d’étonnantes, voire extraordinaires. Selon Florian Tran, psychologue du travail et des organisations au sein du cabinet de conseil Ekilibre, « les mad skills sont les compétences singulières, atypiques d’un candidat ». L’expression, importée tout droit de la Silicon Valley, est apparue plus fréquemment dans le lexique RH français à partir de 2019.
Tout ceci n’est pas sans lien avec la pandémie de Covid, qui a largement bouleversé un marché du travail déjà « volatil, complexe, incertain, ambigu », comme le souligne Tran. Dans ce contexte, les entreprises n’ont jamais eu autant besoin de profils capables de sortir du cadre, qui n’ont pas peur du changement, font preuve de résilience, savent s’adapter… et, tant qu’à faire, ne craignent pas de mettre les deux pieds hors de leur zone de confort. Les candidats munis de telles compétences s’avèrent devenir de vrais atouts pour l’entreprise.
Mad skills, hard skills, soft skills : et si tout marchait ensemble ?
Pas de panique : ce regain d’intérêt pour l’atypique ne veut pas dire que les hard skills (compétences techniques et professionnelles) et soft skills (compétences comportementales) passent à la trappe. « Les mad skills ne viennent absolument pas faire d’ombre aux hard skills et soft skills, c’est un juste équilibre de ces trois types de compétences que visent les recruteurs », insiste Florian Tran.
En somme : le mouton à cinq pattes qui sait aussi lire une grille de salaire et travailler en équipe, c’est bien. Le candidat classique qui a simplement survécu à une épreuve inédite, c’est bien aussi. Il s’agit simplement de valoriser, en complément des acquis traditionnels, ce que notre parcours personnel a pu nous offrir de plus inattendu.
Mais au fait, à quoi ressemblent les mad skills ?
D’accord, mais concrètement : c’est quoi une mad skill ? « Il s’agit de compétences acquises via des expériences personnelles qui sortent de l’ordinaire », décrit Florian Tran. Oui, ce marathon couru sous la pluie ou cette expo photo montée en solo comptent ! Si, par exemple, un candidat a fait des marathons et que cela lui a permis de développer des compétences transférables dans son travail, il peut tout à fait le mettre en avant dans une candidature.
Le média spécialisé Welcome to The Jungle précise que ces compétences singulières émergent souvent de la pratique :
- D’une activité sportive
- Créative
- Associative
- Ou d’une expérience hors du commun (maladie, épreuve, expatriation…)
Et plus surprenant encore : même les échecs peuvent devenir des mad skills, à condition de savoir raconter comment on a dépassé la difficulté et ce que cela a apporté. Se relever d’une claque, ça forge : à condition de pouvoir en parler !
Comment valoriser ses mad skills durant un recrutement ?
Inutile de tout garder pour vous : les mad skills, ça se montre ! Premier réflexe recommandé par Florian Tran : prendre conscience de vos propres forces et des valeurs qui vous définissent. Faire ce travail de réflexion, puis se demander de quelle manière cela s’incarne dans vos actes.
Ensuite, il ne faut pas hésiter à mettre en avant ces expériences atypiques. Si elles apportent une véritable plus-value professionnelle, elles ont toute leur place sur le CV. Pourquoi ne pas en glisser une dans la fameuse rubrique « centres d’intérêt » ? L’hebdomadaire économique Challenges recommande ainsi de ne pas se priver de cette rubrique pour faire la différence lors de la sélection.
À noter : ce changement n’est pas à sens unique. Les recruteurs doivent eux-mêmes adapter leurs process pour être capables de détecter ces fameuses mad skills chez leurs candidates et candidats. « Ils doivent adopter une écoute active, en complément des outils », note Florian Tran. L’humain, et sa singularité, reviennent ainsi au cœur du jeu.
En conclusion : Faire briller vos hard skills, affûter vos soft skills, et oser vos mad skills : le trio gagnant est au complet. Alors, la prochaine fois qu’on vous demande en entretien si vous avez des « mad skills »… n’ayez pas peur de sortir de la case : c’est exactement ce qui pourrait tout faire basculer !