Vous pouvez aider vos proches sans le déclarer : la règle méconnue des impôts

Vous pouvez aider vos proches sans le déclarer : la règle méconnue des impôts
vous pouvez aider vos proches sans le declarer la regle meconnue des impots

Vous souhaitez donner un petit coup de pouce à vos proches sans que le fisc débarque à l’improviste ? Rassurez-vous, il existe une règle méconnue qui pourrait bien vous éviter de fastidieuses démarches. On vous explique comment la générosité peut rimer avec tranquillité… et légalité !

Don familial : la liberté avec modération

N’avez-vous jamais eu besoin d’un coup de main financier ? L’achat d’une voiture, le financement d’un mariage ou d’un voyage de noces, l’aventure entrepreneuriale, des travaux à la maison ou encore la constitution d’un apport pour un prêt immobilier… Les occasions de solliciter le soutien de la famille ne manquent pas. Et le don familial bat son plein en France, profitant d’un encadrement légal étonnamment allégé. Oubliez la paperasse à rallonge, du moins tant que vous ne frôlez pas l’excès.

La législation française accorde en effet une grande liberté en matière de don familial. Dès lors, n’importe qui peut gratifier un proche avec de l’argent, des meubles ou des bijoux, en toute simplicité. On parle alors de « présents d’usage ».

Présents d’usage : une question de circonstances… et de montant !

Pas de définition stricte dans la loi, mais l’affaire est prise très au sérieux par la justice. Ainsi, comme l’a rappelé la Cour de Cassation en 1988, la jurisprudence civile définit les présents d’usage comme des cadeaux remis à l’occasion de certains événements, dans le respect de la tradition, et dont la valeur n’est pas excessive.

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Les circonstances qui justifient ce geste ne manquent pas :

  • Mariage
  • Anniversaire
  • Noël ou autre fête religieuse
  • Nouvel An
  • Succès à un concours…

Mais la générosité a ses limites ! Même s’il n’existe pas de plafond clairement fixé, la somme offerte ne doit pas mener le donateur à la ruine. Les tribunaux estiment en général qu’il ne faut pas dépasser 2 % à 2,5 % du patrimoine du généreux donateur.

Concrètement : si votre cadeau financier ne représente pas un grand sacrifice, libre à vous d’offrir 1000 €, 5000 € ou même 10 000 € à vos proches pour une occasion marquante… sans avoir à le signaler aux impôts, ni à craindre son intégration dans votre succession.

Quand la générosité pousse un peu trop… gare au fisc !

Mais attention ! Si le Trésor public s’en mêle lors d’un contrôle fiscal, il pourrait bien remettre en question la nature de vos dons. Si ceux-ci sortent du cadre des présents d’usage (vous vous êtes un peu lâché sur le montant ou la circonstance…), ils pourraient être requalifiés en « dons manuels ».

En matière de contenu, rien de bien différent puisqu’il s’agit toujours de transmettre argent, bijoux, voiture ou tableaux. La grande différence ? Le bénéficiaire du don doit en informer officiellement les services fiscaux par une déclaration spontanée ou dans le mois suivant la demande ou le contrôle de l’administration.

La démarche, rien de sorcier : rendez-vous sur Impots.gouv.fr ou utilisez un formulaire à adresser, en double exemplaire, au service fiscal de votre département. Facile. Et rassurez-vous : déclarer ne signifie pas forcément devoir ouvrir grand son portefeuille pour payer !

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Dons manuels : les abattements à connaître

Que le don soit préparé chez le notaire ou simplement remis de la main à la main, c’est le même barème fiscal. La loi prévoit en effet de nombreux abattements et exonérations bienvenus. On peut transmettre, par exemple :

  • Jusqu’à 31 865 € en don d’argent à chacun de ses enfants et petits-enfants, sans aucun droit de donation à régler (si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur).
  • Ce geste peut être renouvelé tous les 15 ans, dans les mêmes conditions.
  • Jusqu’à 100 000 € tous les 15 ans à chacun des enfants, sans taxe, en argent ou en nature (mobilier, immobilier) à condition de passer par un notaire.

Bon à savoir : pour éviter des petites querelles familiales lors de l’héritage, mieux vaut équilibrer présents d’usage et dons manuels entre vos proches. Après tout, la générosité partagée se digère toujours mieux…

En résumé : tant que votre don entre dans le cadre des présents d’usage, la générosité coule à flot – sans alourdir votre feuille d’impôts ou votre dossier de succession. Mais si vous franchissez la ligne, prudence : avec un peu d’organisation (et en gardant la main légère), il est possible de soutenir ses proches sans mauvaise surprise !

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