Chercheur ou chercheuse d’emploi, avez-vous déjà eu la (més)aventure de vous retrouver face à un recruteur un brin indiscret, posant des questions qui frôlent l’invraisemblable… et outrepassent le cadre légal ? Si oui, respirez : vous n’êtes pas seul(e) ! Voici un point sur ces questions interdites qui persistent dans les entretiens d’embauche, malgré le Code du travail et le bon sens. Parce que non, vos compétences n’ont rien à voir avec la couleur de votre pyjama, ni avec votre statut matrimonial.
Qu’est-ce qu’une question interdite lors d’un entretien d’embauche ?
Posons les bases : une question interdite, c’est tout simplement une question qui touche à la sphère personnelle et qui ne regarde absolument pas un futur employeur. Pourquoi ces limites ? Pour éviter que l’on embauche ou non un(e) candidat(e) pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ses qualités professionnelles. Seules vos compétences doivent compter. Ce n’est pas une coquetterie : c’est l’article L1221-6 du Code du travail qui régit ce principe de non-discrimination lors de l’embauche.
La famille… NON, ce n’est pas une question professionnelle !
Adieu les « Êtes-vous marié(e) ou célibataire ? », « Quelle est votre situation familiale ? » ou « Quelle est la profession de votre conjoint(e) ? ». Toutes ces interrogations sont prohibées ! Le ou la futur(e) employeur(euse) n’a aucun droit de vous demander si vous êtes marié(e), pacsé(e), célibataire ou unijambiste champion(ne) de curling en couple. On ne doit pas non plus interroger un(e) candidat(e) sur ses enfants. Parents et futurs parents méritent, eux aussi, une absolue neutralité : aucune discrimination ne peut être faite en fonction de la situation familiale.
- Situation familiale (célibataire, marié(e), pacsé(e), etc.) : hors sujet !
- Profession du/de la conjoint(e) : à garder pour les repas de famille, pas pour l’entretien.
- Enfants actuels ou à venir : questionnaire interdit !
Santé, âge, orientation : on oublie aussi !
Autre terrain glissant et strictement interdit à l’embauche, la santé : « Avez-vous des problèmes de santé ? », « Avez-vous souffert ou souffrez-vous d’une maladie ? ». Non, non et non ! L’état de santé relève de votre strict secret médical. Si le poste exige une condition physique particulière, c’est à la médecine du travail, et à elle seule, de déterminer si le poste est adapté. Bref, à chacun sa place !
Les chiffres liés à votre naissance : également proscrits. Nul besoin de répondre à « Quel est votre âge ? » ou « En quelle année êtes-vous né(e) ? ». Vous voyez le topo : seules vos compétences intéressent vraiment — du moins, c’est la loi qui le dit (et on lui fait confiance !).
Ultralimitatives aussi : les questions sur votre orientation sexuelle. « Êtes-vous hétérosexuel(le) ou homosexuel(le) ? », « Quelle est votre orientation ? » sont des intrusions illégales dans votre vie privée.
- Problèmes de santé : sujet confidentiel.
- Orientation sexuelle : appartient à la vie privée, point final.
- Âge et année de naissance : pas un critère de recrutement.
Religion et politique : terrain miné pour le recruteur…
Vous pensiez que la liste était finie ? Perdu ! Les convictions religieuses sont également hors-sujet : pas de « Croyez-vous en Dieu ? », ni de « Quelle religion pratiquez-vous ? » en entretien. Même topo pour la politique : « Pour quel parti votez-vous ? », « Pour qui avez-vous voté lors des dernières élections ? » sont des questions strictement interdites. Il s’agit là encore de sujets qui n’ont rien à voir avec le travail, contrairement à l’envie de glisser le nom de votre idole politique dans la conversation (ne le faites pas !).
- Convictions religieuses : à écarter totalement lors d’un entretien.
- Opinions et votes politiques : également du domaine strictement privé.
Conclusion : défendre ses droits sans (trop) rougir
Se retrouver face à des questions intrusives, c’est désagréable, mais vous avez le droit d’y opposer poliment une fin de non-recevoir. Rappelez-vous : l’entretien d’embauche sert à évaluer vos compétences, pas à éplucher votre vie privée. Armé(e) de ces informations, vous saurez désormais reconnaître une question interdite… et, espérons-le, vous en sortir avec le sourire et le job à la clé !