Ce qu’aurait dit Bill Gates pour décrocher un job sans avoir fondé Microsoft ? Probablement ceci : « Soyez stratège, discret, et lisez ce qui suit ! » Car dans la vraie vie, passer d’un poste à un autre demande autant de finesse que de monter une multinationale – avec moins de milliards à la clé, mais tout de même son lot de sueurs froides…
Avant de tenter l’aventure : faites une introspection à la Gates
- Se sentir entre deux chaises, c’est le quotidien de celui ou celle qui lorgne vers de nouveaux horizons tout en restant salarié.
- Ce passage peut s’avérer éreintant. On vous demande d’être à la fois stratège et discret, un peu comme jouer à cache-cache professionnel.
Pour Coralie Rachet, directrice générale du cabinet de recrutement Robert Walters, il existe une étape clé avant de passer aux candidatures : vérifier si c’est réellement le bon moment pour partir. Accepter une contre-offre de son employeur après avoir agité la concurrence ? Selon elle, mauvaise pioche ! Cela fragilise la confiance et laisse un goût amer à l’entreprise qui vous avait fait une place. Bref, pas top pour votre réputation.
Son conseil ? Discutez ouvertement avec votre manager avant d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Clarifiez vos attentes : promotion, revalorisation salariale… Peut-être que l’opportunité que vous recherchiez se trouve tout près, sous votre nez !
Clause de non-concurrence : l’épée de Damoclès sur votre carrière
- Un détail qu’on oublie facilement dans l’euphorie de la nouveauté : votre contrat contient-il une clause de non-concurrence ?
- Cette clause pourrait vous interdire, après le départ, de travailler chez un concurrent ou même à votre compte si cela vous fait concurrence, et ce, pendant un certain temps et sur un territoire précis.
- En échange, l’ex-employeur doit vous verser une indemnité.
Pas de panique ! Olivier Thibaud, avocat en droit du travail, rassure : il est très fréquent de pouvoir négocier une renonciation à cette clause, car son maintien coûte cher à l’employeur. Mais si votre employeur s’obstine à la maintenir, il vaut mieux la respecter. Sinon, gare aux conséquences financières : non seulement vous perdez la fameuse indemnité, mais on pourrait vous réclamer une somme équivalente à six mois de salaire (voire plus) selon la clause. Avant de claquer la porte, relisez donc bien votre contrat et anticipez votre préavis, qui figure dans la convention collective ou le contrat de travail, histoire d’annoncer clairement votre disponibilité aux futurs recruteurs.
Confidentialité : un CV ninja et une bannière à double tranchant
- Pour postuler, un conseil d’initié : utilisez toujours vos appareils personnels, pas ceux de l’entreprise.
- Votre employeur peut légalement contrôler le matériel qu’il met à disposition, donc mieux vaut éviter d’envoyer votre CV en douce depuis le PC du bureau, sauf si vous rêvez d’un scénario digne de Mission Impossible…
Autre arme secrète : la bannière verte « Open to work » sur LinkedIn. Elle peut être affichée à tous ou seulement aux recruteurs – mais la confidentialité n’est jamais totale. Même si vos collègues directs ne voient pas votre bannière, des recruteurs rattachés à la maison mère d’un groupe pourraient la repérer, astuce LinkedIn oblige.
Faut-il s’autocensurer par peur d’être « grillé » ? Karine Trioullier, fondatrice de Tida Bisa, répond : rien ne vous interdit d’être ouvert à des opportunités, même si l’info remonte à votre employeur. Après tout, lui aussi garde des CV pour étoffer son équipe le moment venu ! D’autant plus que, sur le marché des cadres, de nombreux postes sont pourvus sans jamais être publiés : la fameuse méthode des candidats dénichés discrètement. Afficher votre ouverture au marché, c’est donc multiplier vos chances de recevoir des propositions inédites.
L’entretien : dernier round, mais pas sans préparation
Vous avez tapé dans l’œil d’un employeur ? Place à l’entretien – et à l’organisation d’horloger suisse (même sans les montres). Si vous bénéficiez du forfait jours, c’est plus souple : vous pouvez, sous réserve de ne pas négliger votre travail, planifier vos entretiens dans la journée. Pour ceux qui ont des horaires fixes, il faudra composer avec la bienveillance de l’employeur… ou viser un rendez-vous hors temps de travail.
Les cabinets de recrutement comme Robert Walters sont conscients de ces contraintes et essaient autant que possible de s’adapter à des horaires décalés. Mais attention à la fatigue d’un entretien après une journée de boulot intense : poser une demi-journée de congé peut s’avérer une option judicieuse !
Dernière ligne droite : la préparation. Inévitablement, on vous demandera pourquoi vous souhaitez quitter votre entreprise actuelle. À ce jeu, mieux vaut jouer la carte de l’honnêteté sans basculer dans la critique acide. « Soyez honnête et transparent, mais ne dénigrez pas votre employeur », insiste Coralie Rachet : votre futur interlocuteur, lui aussi, aime que l’on traite les sujets avec diplomatie.
En résumé, décrocher un job sans avoir révolutionné l’informatique, c’est déjà tout un art ! Et si ce n’est pas Bill Gates qui le dit, ce sont des pros du recrutement qui le conseillent : planifiez, informez-vous, restez discret et, surtout, croyez en vos compétences. Allez, qui a dit que changer de job ne pouvait pas rimer avec classe et sérénité ?

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
