Premier entretien d’embauche : costume repassé, sourire crispé, cœur un peu affolé… Mais tout peut basculer en un clin d’œil : il suffit d’une seule question interdite pour ruiner le processus de recrutement – et pas seulement pour vous, mais aussi pour le recruteur ! Découvrons ensemble ce que dit la loi, comment réagir sans perdre votre sang-froid, et pourquoi il vaut mieux, pour tout le monde, éviter ces faux pas qui coûtent (très) cher.
L’encadrement strict des questions en entretien
On ne le répétera jamais assez : lors d’un entretien, le recruteur doit s’en tenir à ce qui compte vraiment pour le poste. Selon l’article L1221-6 du Code du travail, « les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles ». En bref, votre habileté à jongler avec des PowerPoint ou à exceller en Excel intéresse l’employeur, mais pas le prénom de votre chat ou le nombre de vos enfants.
Résultat : seules les questions ayant pour but d’analyser vos compétences et votre correspondance avec l’offre d’emploi sont autorisées. Celles qui glissent, volontairement ou non, vers la vie privée sont proscrites. Pourtant, il reste possible qu’au fil de votre carrière, un(e) chargé(e) de recrutement tente de s’aventurer en terrain glissant…
Quand le recruteur met le pied dans le plat : le spectre de la discrimination
Quelles questions sont donc interdites ? Toutes celles qui sortent du cadre pro, et, surtout, toutes celles qui relèvent de la discrimination. En vertu de l’article L1132-1 du Code du travail, aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement, de nomination, ou d’accès à un stage ou une formation en entreprise pour un critère illégal. Oui, vraiment aucune discrimination : peu importe la tentative maladroite (« Vous comptez avoir des enfants bientôt ? »), ça ne passe pas !
L’employeur se doit donc de recruter sans discriminer, avec tact et professionnalisme. Un refus d’embauche sur un critère discriminant peut coûter… très cher : l’article 225-2 du Code pénal prévoit trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. À ce prix-là, on conseille vraiment aux recruteurs d’oublier la curiosité déplacée !
Face à la question interdite : rester zen et réagir intelligemment
Mais que faire si, en entretien, une question tombe du ciel et vous laisse sans voix ? Respirez (souriez si vous pouvez), et sachez qu’il existe une marche à suivre :
- Commencez par demander aimablement la reformulation de la question, histoire de bien saisir la situation.
- Prenez le temps de réfléchir pour être sûr(e) d’avoir affaire à une question interdite.
- Si c’est le cas, refusez poliment d’y répondre, en précisant que la question relève de votre vie privée et qu’en conséquence, vous ne souhaitez pas y donner suite.
Et si le recruteur insiste ? Montrez-lui que vous connaissez la loi (il y a de quoi être fier !), en rappelant calmement qu’il est interdit de poser des questions qui n’ont pas trait à l’évaluation de vos capacités professionnelles. Attitude posée, mais ferme : vous avez tout à y gagner, même en terme d’image.
Recours possibles : vos droits sont protégés
Si l’affaire s’envenime ou que vous estimez avoir subi un préjudice, sachez que vous n’êtes pas sans recours. Il est possible de demander des dommages et intérêts pour ce préjudice, directement auprès de la justice, et plus précisément auprès du conseil de prud’hommes (CPH). Par ailleurs, si votre candidature a été injustement écartée à cause d’une question interdite, vous pouvez contester devant cette même instance – et qui sait, décrocher (enfin) le poste !
En conclusion : soyez vigilant, restez vous-même, et n’oubliez pas que l’entretien d’embauche doit être un échange professionnel… point. Les questions interdites n’ont rien à y faire ; vous avez non seulement le droit de ne pas y répondre, mais aussi celui de défendre vos intérêts si besoin. Le dernier mot ? Respirez, souriez (vraiment cette fois), et placez le Code du travail dans un coin de votre mémoire : il pourrait bien être votre meilleur allié, si l’entretien prend une tournure inattendue !

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
