À vos agendas, salariés et RH ! En 2025, un vent nouveau souffle sur l’entretien professionnel. Un cap décisif est franchi, faisant de ce rendez-vous périodique, souvent redouté comme la taxe foncière, un outil stratégique (et bien moins monotone) pour piloter le parcours de chacun en entreprise. Prêts pour le grand bouleversement ? Suivez le guide.
Une réforme majeure pour moderniser l’accompagnement des carrières
Depuis le 26 octobre 2025, la France a enclenché une transformation profonde de l’entretien professionnel. Ce « classique » du monde du travail devient désormais l’entretien de parcours professionnel. Derrière cette nouvelle appellation, un objectif : placer l’avenir et l’évolution de chaque collaborateur au cœur de la discussion. Cette mutation législative ne rigole pas, avec des ambitions affichées :
- rendre le processus plus stratégique
- gagner en inclusivité
- impliquer davantage chaque acteur concerné
- encourager la gestion des compétences, la mobilité, la reconversion… et prêter une attention toute spéciale à la fin de carrière des seniors
Des changements concrets dans la périodicité et les modalités
Si vous trouviez que les entretiens tombaient trop souvent (tous les deux ans jusqu’à présent), bonne nouvelle ! Dorénavant, les règles changent :
- Un premier entretien devra se tenir dans l’année suivant l’embauche.
- Puis, rendez-vous tous les 4 ans (et non plus tous les 2 ans… de quoi souffler un peu !).
- Un état des lieux récapitulatif sera lui organisé tous les 8 ans, contre 6 ans auparavant.
Cette nouvelle organisation vise la souplesse sans pour autant négliger le suivi, toujours plus essentiel pour que chacun puisse se projeter.
Autre assouplissement pour celles et ceux qui jonglent entre carrières et situations particulières : l’entretien de parcours professionnel, jusqu’ici obligatoire après certains retours de congés (maternité, adoption, parental d’éducation, proche aidant ou sabbatique), ne sera plus systématique. Le salarié pourra en être dispensé s’il a déjà passé un entretien de parcours professionnel dans les 12 mois précédant sa reprise.
Un contenu plus riche, centré sur l’avenir et les spécificités de chaque profil
Fini l’entretien-bilan plan-plan ! Cette nouvelle mouture intègre une réflexion approfondie sur les perspectives d’évolution, en lien avec les besoins de l’entreprise. Parmi les sujets en haut de la pile :
- la reconversion
- la mobilité interne
- la montée en compétences
- les évolutions de poste
- la transformation des métiers
Le but ? Faire de cet entretien un véritable instrument de gestion de carrière, et non une simple formalité administrative.
À côté de ce changement global, la réforme apporte aussi un sérieux coup de projecteur sur l’entretien de mi-carrière. Celui-ci devra désormais être organisé dans les 2 mois suivant la fameuse visite médicale de mi-carrière, telle que prévue par le Code du travail. Et attention, cette rencontre ne se limite plus à un échange sur la formation ! Il faudra aussi aborder l’adaptation ou l’aménagement des missions et du poste, ainsi que la prévention de l’usure professionnelle. Prévenir les risques, préserver la santé au travail : une double mission pour la deuxième partie de vie professionnelle.
Les seniors en première ligne et la traçabilité renforcée
Les collaborateurs senior bénéficient d’ailleurs d’un soin particulier. Le gouvernement insiste pour que leur parcours soit mieux pris en compte. Une vigilance accrue devra être apportée aux défis spécifiques à cette tranche d’âge. Ainsi, un entretien de parcours professionnel, dans les deux années précédant le 60e anniversaire, devra aborder des questions sur le maintien dans l’emploi et les aménagements de fin de carrière. L’accompagnement à la retraite progressive ou au temps partiel doit être au menu, avec l’ambition de valoriser l’expérience et d’éviter l’exclusion professionnelle au crépuscule de la carrière.
Côté employeurs, il faudra sortir la loupe et la calculette ! Désormais, la Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales (BDESE) devra comporter un nouveau bilan précis des actions de formation entreprises suite aux entretiens ou lors des reconversions. Impossible d’y couper, la règle est d’ordre public et s’impose à tous.
Les collaborateurs des entreprises de moins de 300 salariés ne sont pas oubliés : ils pourront bénéficier d’un accompagnement externe grâce au conseiller en évolution professionnelle (CEP). Pour la préparation des entretiens, il sera aussi possible de recourir à un conseiller de proximité proposé par l’OPCO (opérateur de compétences) ou un organisme externe, à condition qu’un accord d’entreprise ou de branche l’autorise.
Enfin, pas de relâche pour les entreprises de 50 salariés et plus ! Le non-respect de ces obligations entraînera des sanctions financières, notamment via l’abondement du compte personnel de formation (CPF) en cas de manquement, histoire de rappeler qu’accompagner les salariés n’est pas une option.
En conclusion ?
Si l’entretien professionnel fait peau neuve, c’est pour offrir à chaque salarié – junior, confirmé ou senior – un vrai rendez-vous d’avenir, utile et suivi. Un outil de dialogue et d’évolution : voilà de quoi donner envie de cocher la case « entretien » sur son agenda avec, pourquoi pas, une touche d’enthousiasme !