Vous pensez encore qu’une maîtrise parfaite d’Excel et dix ans d’expérience suffisent pour briller en entretien d’embauche ? Détrompez-vous ! Il existe une compétence, insoupçonnée et pourtant capitale, qui pourrait bien tout changer : la conscience de soi. Et ce n’est pas n’importe qui qui le dit…
La compétence oubliée : la conscience de soi
Lorsque vous êtes face à un recruteur, le cœur battant et le CV impeccablement aligné, vous vous imaginez sans doute que votre parcours technique et vos expériences seront les seuls juges de votre valeur. Pourtant, selon Claire Hughes Johnson, ancienne vice-présidente de Google, il y a mieux à mettre en avant qu’une palanquée de lignes sur LinkedIn.
Ayant passé dix années chez Google à superviser des mastodontes comme Gmail et Google Apps, Claire Hughes Johnson a mené d’innombrables entretiens d’embauche. Au fil du temps, elle a réalisé que, parmi toutes les qualités observées, la conscience de soi se démarquait systématiquement. Rien à voir avec le fait de connaître son signe astrologique ou son nombre de pas quotidiens ! Il s’agit plutôt de la capacité à comprendre ses propres valeurs, son énergie et la façon dont on interfère avec le monde qui nous entoure.
Pourquoi cette compétence fait toute la différence ?
D’après Claire Hughes Johnson, la conscience de soi est si rare que bien des candidats s’illusionnent sur leur propre capacité à s’auto-analyser. Beaucoup pensent qu’ils voient clair en eux, mais à bien y regarder, ce n’est pas le cas. Or, cette faculté a un superpouvoir inattendu : elle permet d’établir de meilleures relations avec les collègues comme avec les supérieurs. Pourquoi ? Parce qu’en sachant comment leur comportement retentit sur les autres, les personnes conscientes d’elles-mêmes naviguent plus aisément dans la jungle des interactions professionnelles.
Un effet collatéral bienvenu : la conscience de soi dévoile humilité et aptitude à tirer leçon de ses expériences. Claire Hughes Johnson le constate dès les premiers mots : trop de « je » dans le discours d’un candidat, et le doute s’installe sur sa capacité à collaborer ; à l’inverse, une overdose de « nous » peut masquer le rôle réel joué lors d’une action. Il s’agit alors de trouver le juste équilibre entre valorisation individuelle et reconnaissance collective.
Mais concrètement, ça se repère comment en entretien ?
Notre experte a mis au point quelques questions qui font mouche. Elle aime sonder le rôle précis joué par la personne. Une réponse révélatrice ? Quelqu’un qui affirme :
« C’était mon idée, mais le mérite revient à toute l’équipe. » Voilà qui respire la lucidité et le sens du collectif !
Ensuite, elle enchaîne avec une question qui ne laisse aucune esquive possible : « Et qu’avez-vous fait pour vous améliorer ? » Derrière cette simple phrase, elle cherche à dépister l’envie d’apprentissage et d’auto-amélioration. Est-ce que la personne intègre les remarques, même (et surtout) celles avec lesquelles elle n’est pas d’accord ? Car, comme elle le souligne, il arrive qu’on reçoive des retours qui ne nous conviennent pas – signe que la perception des autres diffère de la nôtre.
- Prendre en compte des retours divers
- Accepter l’écart parfois frappant entre notre propre perception et celle de notre entourage
- Utiliser cet écart comme moteur de progression
Connaître ses valeurs pour mieux avancer
Pour travailler sur cette fameuse conscience de soi, Claire Hughes Johnson conseille de se pencher sérieusement sur ses propres valeurs – une sorte d’introspection version professionnelle. Qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ? Qu’est-ce qui vous donne de l’énergie ? Répondre à ces questions, c’est déjà donner davantage de sens à votre façon de travailler et être plus vigilant aux moments où vos valeurs entrent en conflit avec celles des autres.
La démarche n’a rien de sorcier : parfois, la réflexion suffit. Parfois, un mot ou deux griffonnés dans un carnet permettent de faire le point : « Qu’est-ce que j’ai bien fait ? Ai-je fait des erreurs ? Puis-je m’améliorer demain ? Parfois, j’écris quelque chose d’important », explique-t-on. Pas besoin de s’inventer écrivain ; l’idée, c’est de s’accorder le droit de se questionner honnêtement.
En conclusion, la prochaine fois que vous franchirez la porte d’un entretien, souvenez-vous : la conscience de soi ne figure peut-être pas en haut de votre CV, mais c’est sans doute la compétence la plus observée (et redoutée). Savoir ce que l’on vaut, reconnaître l’apport du collectif, accepter le feed-back même piquant… Voilà ce qui fait vraiment la différence. Alors, êtes-vous prêts à devenir votre propre coach intérieur avant d’être le prodige des tableurs ?

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
