Pourquoi certains employeurs vous font passer l’entretien sur une chaise bancale

Pourquoi certains employeurs vous font passer l’entretien sur une chaise bancale
pourquoi certains employeurs vous font passer l entretien sur une chaise bancale

Vous avez déjà eu l’impression de tanguer plus qu’un marin d’eau douce lors d’un entretien d’embauche ? Non, ce n’était pas le stress ou la climatisation mal réglée : c’était peut-être le fameux « test de la chaise ». Ce petit piège, subtil comme une mouette sur un panier-repas, est en réalité une stratégie bien rodée par certains employeurs pour en apprendre (beaucoup) sur votre personnalité. Explications !

À première vue, un entretien (presque) normal… sauf la chaise !

L’entretien d’embauche classique n’a déjà rien d’anodin : vous voici, CV sous le bras, légèrement nerveux – après tout, l’enjeu est de taille. Ce que vous ignorez, c’est qu’en général, si vous êtes là, c’est que vous répondez déjà aux critères techniques du poste. Les recruteurs savent lire un CV comme d’autres lisent leur horoscope : vite et en allant à l’essentiel. L’entretien, lui, sert surtout à jauger vos valeurs, votre personnalité, bref, ce qui ne rentre pas dans des cases Excel.

Pour pimenter la situation et révéler un peu plus que vos réponses formatées, il arrive que l’employeur recoure à des « questions suggestives » ou à des pièges. L’un des plus déstabilisants (et sournois, mais avouons-le, plutôt ingénieux), c’est le fameux test de la chaise bancale.

Comment fonctionne le « test de la chaise » ?

Installez-vous, prenez place… oui, justement, quelle place ? Le test est simple : vous êtes convié à vous asseoir sur une chaise. Problème, un de ses pieds est légèrement plus court. Résultat ? Difficile de trouver l’équilibre, aussi bien physique que mental. La subtilité du stratagème : à portée de main, se trouve toujours une deuxième chaise en parfait état.

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Ce que veut observer le recruteur est limpide :

  • Restez-vous assis sur cette infâme planche branlante pendant tout l’entretien ? (Peut-être essayez-vous d’ignorer l’instabilité en serrant les dents… et vos genoux.)
  • Ou demandez-vous, à changer pour la chaise stable, histoire de ne pas finir la colonne vertébrale de travers ?

La manière dont vous agissez – et même la façon dont vous formulez votre demande (poliment, sur le ton de la blague, ou avec assurance) – compte aussi.

Décrypter vos réactions : initiative, concentration ou… passivité ?

Lorsque des candidats arrivent à un entretien, leur spontanéité est accentuée par la nervosité : idéal pour révéler leur véritable rapport au problème. Le but ultime ? Évaluer ce qu’on appelle la proactivité, soit la capacité à réagir face à l’inconfort ou l’imprévu.

Trois scénarios se dessinent :

  • Vous poursuivez stoïquement l’entretien, sans rien dire, tolérant l’inconfort : félicitations, vous démontrez une concentration d’acier et un sens aigu des priorités. Même un séisme ne vous détournerait pas de votre objectif !
  • Vous demandez (ou prenez carrément l’initiative) de remplacer la chaise : là, vous brillez par votre proactivité. Selon Thomas S. Bateman et J. Michael Crant, les personnalités de ce type cherchent à améliorer activement leur environnement. Cela signifie aussi avoir le cran et la confiance d’interrompre poliment (ou fermement, selon votre style) l’entretien pour résoudre le problème.
  • Dernière option : faire la remarque sur la chaise bancale, mais rester assis dessus. Une sorte de mi-figue mi-raisin qui n’enthousiasme guère les recruteurs : vous identifiez le souci, mais n’essayez pas de le régler. Ça sent la passivité et un penchant à détourner le sujet principal vers l’accessoire (votre confort personnel), sans proposer de solution.
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Des recherches menées par Gary Yukl (Université d’Albany) montrent que les profils de leader ont tendance à agir vite, alors que les plus grégaires préfèrent attendre l’action d’autrui. Bref, pour le recruteur, tout est dans la manière : faut-il attendre – ou bousculer, avec diplomatie – le cours des choses ?

Conclusion : face à la chaise boiteuse, qui êtes-vous vraiment ?

Ce test invite à réfléchir sur votre capacité d’adaptation et de réaction en terrain délicat. Si vous supportez stoïquement l’instabilité, on pourrait louer votre concentration. Si vous osez changer de chaise, on saluera votre initiative et votre confiance. Mais, si vous ne faites que râler dans votre coin sans agir… eh bien, vous montrerez surtout que vous n’aviez pas envisagé (ou osé) saisir la solution à côté de vous.

Morale ? Préparez-vous à tout lors d’un entretien, oui ; mais n’oubliez pas de regarder à côté : parfois, la meilleure opportunité pour avancer (ou simplement s’asseoir au propre comme au figuré) est littéralement à portée de main !

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