Quel âge, quelles études et combien gagnent vraiment les journalistes débutants ?

Quel âge, quelles études et combien gagnent vraiment les journalistes débutants ?
iStock 1452470590

Envie de « porter la plume dans la plaie » comme Albert Londres ? D’être au cœur de l’actualité, voir le monde, raconter la vie telle qu’elle est (et non telle qu’on l’imagine) ? Avant de décrocher le micro ou la plume, voici un tour d’horizon concret : âge, études, et, surtout… combien gagnent vraiment les journalistes débutants ?

Le métier : beaucoup d’appelés, peu d’élus… mais toujours des rêveurs

Malgré sa place peu enviable parmi les professions les plus détestées des Français, le journalisme demeure un aimant pour la jeunesse. Illustration frappante : lors du dernier concours de l’IJBA Bordeaux, ils étaient 913 candidats pour 36 places. Taux de réussite ? 3,9 % — aussi rare qu’une invitation dans les loges du Palais de l’Élysée.

En France, l’Observatoire des métiers de la presse recensait en 2018 près de 35 297 journalistes. La majorité (57,7 %) œuvre dans la presse écrite, et le reste se répartit entre télévision (16,7 %), radio (9,7 %) et agences (9,1 %).

Y a-t-il un âge (et surtout un profil) pour être journaliste ?

Bonne nouvelle pour tous les esprits curieux : il n’y a pas d’âge canonique pour devenir journaliste ! Pourtant, pour accéder à certaines écoles, ça coince un peu côté date de naissance : le CFJ Paris exige par exemple moins de 26 ans au 31 décembre de l’année du concours (sauf dérogation). Pour le bac, pas d’obligation de voie littéraire, un bac général suffit, mais il faudra généralement présenter un bac+3 et des stages dans des médias pour accéder aux formations les plus cotées.

A LIRE :  Ce petit appareil pourrait faire grimper votre facture d’électricité sans que vous le sachiez

Si aucune formation n’est obligatoire pour exercer, passer par une école de journalisme facilite clairement l’entrée dans le métier. Les 14 écoles reconnues par la profession (CPNEJ) — publiques (Sciences Po, IUT Lannion, CUEJ Strasbourg, IJBA Bordeaux…) ou privées (CFJ Paris, ESJ Lille, EJT Toulouse…) – s’arrachent : concours à la clé, taux de succès souvent ridiculement bas, et aucun diplôme précis n’est imposé. Prêts à rivaliser avec des profils venus d’histoire, de lettres, de sciences ou d’IEP ?

Autre piste : la galaxie des écoles non reconnues (CFPJ, ISCPA, Studio école de France, etc.) ou certains masters universitaires (par exemple à Montpellier ou Cergy-Pontoise) ouvrent aussi les portes de la profession, quoique moins facilement. À noter : en 2018, seulement 17 % des premières demandes de carte de presse venaient d’une école reconnue.

  • Frais : De 256 € à Bordeaux à 4 500 € pour l’ESJ Lille, et… 6 000 € par an à l’ESJ Paris (cursus non reconnu).
  • Le métier se féminise : 47 % de femmes, 53 % d’hommes parmi les détenteurs de la carte presse.

La réalité du métier : exaltante… mais exigeante et parfois précaire

Oubliez la routine : c’est un métier de découvertes permanentes. Johan (CUEJ Strasbourg) et Marguerite (EJT Toulouse) louent les rencontres, l’accès à des coulisses inaccessibles au public et la stimulation intellectuelle. Mais la médaille a son revers.

  • Organisation quasi impossible : l’actualité n’attend pas, et pas toujours compatible avec une vie de famille, dixit Charles Haquet (L’Express).
  • Horaires souples… façon chewing-gum : week-ends, soirs, réveils à 4 h pour radio…
  • Précarité : à la sortie de l’école, peu de CDD/CDI, beaucoup commencent comme pigistes.

Le journalisme est ouvert à tous les passionnés : geeks, littéraires, férus d’actu, pourvu qu’ils soient dotés d’une solide culture générale, d’un esprit critique, d’une certaine originalité, et d’un goût assumé pour le contact humain… sans oublier quelques compétences en photo, vidéo et écriture.

A LIRE :  Ils passent leurs entretiens d’embauche avec une IA : les recruteurs choqués

Combien gagne un débutant ? Chiffres et réalité du terrain

Le Graal du CDI reste rare. Selon l’Observatoire des métiers de la presse (2017) :

  • Revenu médian brut mensuel en CDI : 3 591 €
  • En CDD : 1 954 €
  • Côté pigistes : 2 000 €

D’après la grille du Syndicat national des journalistes (SNJ) :

  • La pige dans un quotidien parisien : 66,98 € le feuillet (1500 signes)
  • Rédacteur stagiaire : 2 162,62 € brut/mois
  • Chef de service : 3 541,32 €
  • Rédacteur en chef adjoint : 4 517,25 €
  • Rédacteur en chef : 5 430,49 €

Le métier se précarise : 37,2 % des premières demandes de carte presse sont des pigistes, 34,1 % en CDD, 28,3 % en CDI. Mais le taux de chômage officiel reste faible (3,82 % en 2018).

Un atout : la carte de presse, véritable sésame — accès à des institutions officielles, avantages fiscaux (déduction de 7 650 € de revenus), voire entrées gratuites dans les musées nationaux.

Conclusion : passion, persévérance et… plan B ?

Le journalisme, ce n’est pas qu’un métier : c’est une vocation, voire un sacerdoce — où la curiosité et la rigueur sont vos meilleurs alliés. Les débuts sont parfois sportifs, mais jamais ennuyeux. Gardez la passion, « entraînez-vous chaque jour » (merci Charles Haquet pour le conseil), bâtissez votre réseau, postulez sans relâche, et surtout : informez-vous sur tout, tout le temps. La plume, oui, mais bien affûtée !

Facebook
Twitter
LinkedIn
Nos derniers articles
Articles récents

À propos

AlloEmploi est un portail indépendant du Pôle Emploi.
AlloEmploi.fr est un site d’information complet sur le Pôle Emploi et l’univers du travail : liste des agences, actualités, dossiers, questions réponses, etc.