Parmi toutes les questions qui font transpirer à grosses gouttes lors d’un entretien d’embauche, il y a une star incontestée : « Quelles sont vos prétentions salariales pour ce poste ? » Rien que l’idée fait grimacer, même les profils les plus chevronnés. S’il y a un piège dans chaque recoin de ce drôle de parcours du combattant qu’est l’entretien, la question du salaire est le grand classique qui fait trembler les candidats… Mais aussi briller certains, à l’image de Bill Gates.
La question fatidique du salaire : piège ou opportunité ?
Du côté du candidat, l’entretien d’embauche ressemble souvent à un numéro d’équilibriste. Entre préparations minutieuses et anticipation des questions, chacun tente d’être prêt à toute éventualité – surtout à l’instant où la fameuse question tombe : « Combien comptez-vous gagner ? »
En apparence anodine, cette interrogation cache en réalité un champ de mines :
- Annoncez un montant trop élevé, et vous risquez de vous faire recaler sans préavis.
- Soyez trop modeste (voire timide sur l’addition), et voilà que vous vous dévaluez devant tout le monde : pas vraiment le meilleur des messages pour votre ego professionnel.
Au final, parler salaire n’est pas qu’une affaire de chiffres. C’est un révélateur : celui de votre compréhension du marché, de la confiance que vous portez à vos compétences mais aussi de votre connaissance (et reconnaissance !) de l’entreprise. Bref, c’est un grand écart entre diplomatie, honnêteté et stratégie, où marcher sur la ligne n’a rien d’aisé.
Quand Bill Gates s’invite à la table… et change la donne
En 2020, Bill Gates a partagé sa vision lors d’une interview dans la série « State of Inspiration » avec Stephen Curry. Sa réponse à la question du salaire a de quoi dérouter les recruteurs les plus aguerris… et surtout, impressionner !
Pour Gates, il ne s’agit pas de chiffrer froidement sa valeur. Au lieu de ça, il propose de détourner judicieusement la discussion :
« J’espère que vous proposez des options d’achat d’actions. Je suis capable de prendre des risques et je pense que l’entreprise a un grand avenir, la stock option représente donc pour moi la meilleure option de rémunération. J’ai entendu dire que d’autres entreprises offraient une rémunération élevée, mais personnellement, je préfère avoir la possibilité de choisir. »
Cette réponse, loin d’être anodine, contient plusieurs messages cachés (et pas seulement pour ceux qui rêvent de Wall Street) :
- Vous démontrez une réelle confiance dans la croissance et l’avenir de l’entreprise.
- Vous faites preuve d’une volonté de lier votre réussite personnelle à celle de la boîte… une sorte de pacte win-win moderne.
- Vous manifestez un intérêt pour une rémunération qui, plutôt qu’être immédiate et figée, peut s’apprécier au fil du temps.
- Et, petit clin d’œil à la concurrence, vous laissez entendre avec tact que d’autres sociétés savent se montrer généreuses… Rien de tel pour rappeler subtilement que vous êtes un profil désiré !
Une philosophie de négociation (bien huilée)
L’approche de Bill Gates brille par sa philosophie : il ne s’agit plus de négocier à la hausse ou à la baisse comme à la criée, mais de proposer une vraie valeur ajoutée partagée. Ici, le salarié n’est pas seulement un « coût » pour l’entreprise, mais un partenaire investi dans son essor sur le long terme. La stratégie prime : l’entretien devient le terrain de jeu où transformer une question perçue comme embarrassante en véritable opportunité de se démarquer… et de marquer des points.
Cette manière de faire rappelle que la communication ne doit rien au hasard lors d’un entretien. Saisir l’occasion de montrer que votre réussite est indissociable de celle de l’entreprise, c’est s’offrir une longueur d’avance.
À méditer… même si tout le monde n’est pas Bill Gates !
On l’avoue : avoir le point de vue d’un patron multimilliardaire d’une multinationale, venu expliquer aux « exploités hors de ce cadre » l’art de gérer la question salariale face à ces résidus d’école de management parfois formés spécialement à servir les capitalistes, ça a quelque chose de savoureux (ou d’amer, chacun verra midi à sa porte). Un conseil ? Même si toutes les sociétés ne proposent pas des stock-options, la leçon reste valable : montrer son sens du risque, son attachement à la vision de l’entreprise et sa connaissance fine du marché, c’est déjà répondre stratégiquement à cette fameuse question piège. Et se donner toutes les chances de retourner la pression… sur le recruteur !

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
