Envoyer des candidatures sans jamais recevoir de réponse, enchaîner les entretiens sans décrocher de poste… Et si le problème ne venait pas de votre expérience, mais de la manière dont vous la présentez ? Une ancienne recruteuse de Google, Farah Sharghi, aujourd’hui spécialiste de la recherche d’emploi, met en lumière une erreur trop fréquente qui plombe de nombreux CV.
Le piège du CV descriptif
Sharghi, qui a travaillé pour des géants de la tech comme Uber, TikTok ou Lyft, a vu passer des milliers de candidatures. Son constat est sans appel : beaucoup de CV ressemblent davantage à une fiche de poste qu’à une preuve de valeur ajoutée.
« Un employeur n’est pas là pour rendre service aux candidats, mais pour investir dans des compétences qui feront avancer son entreprise », rappelle-t-elle. Autrement dit, une simple liste de missions ne suffit pas. Ce qui compte, c’est l’impact concret de ces missions.
L’erreur fatale : oublier les résultats
Selon elle, la faute la plus courante est de rédiger un CV comme une succession de tâches. Or, un recruteur ne veut pas seulement savoir ce que vous avez fait, mais pourquoi vous l’avez fait et quels résultats cela a apporté.
Prenons un exemple :
- ❌ « Gestion des campagnes publicitaires sur les réseaux sociaux »
- ✅ « Optimisation des campagnes Facebook et LinkedIn, générant une hausse de 35 % du taux de conversion et une baisse de 20 % du coût par acquisition »
Dans le premier cas, impossible de mesurer l’efficacité. Dans le second, l’impact est chiffré et parlant.
Se positionner comme une solution, pas comme un demandeur
Pour Sharghi, ce changement de perspective est décisif. « Si votre CV pourrait convenir à n’importe qui ayant occupé le même poste, il est inefficace », prévient-elle. Chaque candidat devrait se demander :
- Qu’est-ce qui me distingue ?
- Qu’ai-je apporté que d’autres n’auraient pas pu apporter ?
C’est en répondant à ces questions que l’on passe du statut de simple postulant à celui de solution face aux besoins de l’entreprise.
Le CV, un miroir de sa valeur
Au-delà de convaincre un recruteur, travailler son CV permet aussi de prendre conscience de sa propre valeur sur le marché de l’emploi. Un outil d’autant plus crucial que, selon une étude LinkedIn, 64 % des salariés se disent dépassés par les évolutions rapides liées à l’IA et aux nouvelles technologies.
En clair, le CV n’est pas qu’un bout de papier : c’est un argumentaire stratégique. Et ignorer son impact peut coûter très cher.