Voici pourquoi ces “mensonges” sur le CV séduisent tant les recruteurs

Voici pourquoi ces “mensonges” sur le CV séduisent tant les recruteurs
16ab442e 22dc 422d 80ce f80ca7852622

Prêts à enjoliver leur CV pour séduire un recruteur ? Vous n’êtes pas seuls… mais la frontière entre habileté et mensonge peut coûter (très) cher. Décryptage d’un jeu de dupes, où omission n’est pas toujours synonyme de trahison, mais où la vérité finit souvent par refaire surface…

Mensonges sur le CV : une tentation… très risquée

Robert Half a publié une enquête sans appel : 47 % des managers interrogés déclarent que la découverte de mensonges les a conduits à recaler des candidats. En clair, près d’un recruteur sur deux ne pardonne pas la supercherie. Alors, qu’est-ce qui pousse encore tant de candidats à prendre ce risque ? C’est simple : le CV parfait fait toujours rêver, et ce, même sous la loupe acérée des RH.

  • Expérience (55 %) et diplômes (53 %) sont les terrains favoris des exagérations (et parfois des gros bidonnages, n’ayons pas peur des mots).
  • Les dates sont arrangées à leur sauce ; les intitulés de poste réécrits pour paraître plus glamour ; les responsabilités sont étoffées — parfois avec des compétences… pas tout à fait maîtrisées.
  • Le summum : 33 % des mensonges concernent la maîtrise des langues. Et il y a aussi les diplômes inventés de toutes pièces ou « oubliés » d’être validés, mais affichés fièrement comme acquis.

Mentir sur une compétence, un parcours, des résultats ou la réalité de son réseau, c’est tenter de tromper l’œil du recruteur sur notre capacité à assurer, dès le lundi matin à 9h00. Difficile pour un RH de pardonner ce genre d’écart, car tout le processus de recrutement repose sur la confiance : comment confier un poste à quelqu’un qui commence par mentir ?

A LIRE :  Voici pourquoi conserver tous vos bulletins de paie pourrait vous sauver un jour

Mais pourquoi les candidats enjolivent-ils autant ?

Pour certains, la tentation est grande de rendre leur profil plus attractif. Donner de l’éclat à un poste, allonger une expérience, s’inventer une compétence technique, cela vise à répondre à l’attente (fantasmée ou réelle) du recruteur. Mais la déconvenue peut être immédiate : la sanction tombe, parfois sans appel. Pour certains recruteurs, tout mensonge est radicalement éliminatoire – question de confiance, évidemment.

  • Inexactitudes sur l’expérience passée
  • Compétences techniques exagérées
  • Réseau surdimensionné
  • Résultats maquillés

Tout cela ne passe pas. L’essence d’une embauche, c’est l’évaluation de la capacité des candidats à occuper un poste avec succès. Mentir, c’est éjecter d’emblée toute crédibilité… et toute chance d’obtenir le job visé.

Ces omissions qui, elles, peuvent faire la différence

Heureusement, il y a une marge — celle des omissions (licites) destinées à éviter une discrimination injuste et qui n’affectent pas votre capacité à tenir le poste. Parmi les informations qu’il est parfaitement « jouable » de cacher :

  • L’adresse physique : trop éloignée du futur lieu de travail ou située dans un quartier réputé difficile ? Mieux vaut l’omettre (d’ailleurs, Linkedin ne demande jamais votre adresse… ce n’est pas un hasard).
  • La photo d’identité : d’autant plus dispensable qu’elle n’est jamais explicitement demandée et peut servir de prétexte à la discrimination.
  • L’âge : trop jeune ou trop vieux ? Le recruteur pourra certes l’estimer, mais si votre âge occupe la première ligne de votre CV, c’est aussi la première raison pour laquelle votre candidature peut être écartée.
  • Le handicap : à moins de cibler une entreprise visiblement handi-recruteuse, il n’est pas nécessaire de mentionner votre RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé), tant le sujet reste encore aujourd’hui un frein à l’embauche en France.
  • La création d’entreprise : si vous postulez comme salarié, soulignez le rôle (Directeur de XXX), mais évitez les mentions de « gérant » ou « associé ». Certaines oreilles RH ou opérationnelles sont, en France, encore allergiques à l’idée d’embaucher un ancien patron.
A LIRE :  Les agents IA bientôt maîtres du recrutement ? Ce bouleversement qui inquiète

En résumé : si l’une de ces informations n’a pas de rapport avec vos aptitudes à exercer le poste, il est malin de ne pas l’indiquer. Vous laissez ainsi une chance à votre candidature de s’exprimer sur l’essentiel : vos compétences et votre motivation.

Mieux vaut omettre que mentir : le conseil du pro

Omettre une information qui pourrait nourrir une discrimination injuste : oui. Enjoliver ou inventer une expérience : non. La nuance est subtile mais fondamentale, au risque de voir son CV finir trop vite à la corbeille. Comme le rappelle Gilles Payet, consultant RH et formateur, l’essence même du recrutement est la confiance : le flou artistique sur votre diplôme ou l’exagération de vos talents polyglottes n’auront jamais la cote. Alors, à vos CV… mais sans poudre aux yeux !

Facebook
Twitter
LinkedIn
Nos derniers articles
Articles récents

À propos

AlloEmploi est un portail indépendant du Pôle Emploi.
AlloEmploi.fr est un site d’information complet sur le Pôle Emploi et l’univers du travail : liste des agences, actualités, dossiers, questions réponses, etc.