Le stress de l’entretien est enfin derrière vous. Votre cœur ralentit, la boule à l’estomac fond doucement et, alors que vous vous apprêtez à refaire mentalement le film de ce face-à-face, une idée inattendue pointe le bout de son nez : et si vous aviez le pouvoir d’influencer, dès maintenant, la décision du recruteur ?
La lettre qui change tout après l’entretien
Qu’on se le dise, décrocher un poste n’est pas qu’une question de performance sous la lumière crue d’un entretien. Hors champ, une scène essentielle se joue encore. Jenny Wood, ex-dirigeante de Google et gourou LinkedIn du petit geste qui fait toute la différence, l’affirme : il ne faut surtout pas laisser filer ces précieuses minutes d’attention accordées à votre candidature. Sa solution ? Rédiger une lettre de remerciement. Mais attention, ici, pas question de se contenter d’un simple « merci » poli envoyé par réflexe.
Cette pratique, ultra-courante outre-Atlantique, s’implante lentement dans l’Hexagone, souvent sous la forme d’un mail envoyé dans les 24 à 48 heures suivant l’entrevue. Ptisham Tazi, experte en recrutement, le constate chaque jour : « Il y a encore trop peu de candidats qui le font. Je le conseille à tous ceux que j’accompagne. Celui qui envoie ce mail se démarque et ça permet de réaffirmer sa motivation. C’est un effort supplémentaire. »
Pourquoi et comment faire la différence ?
Soyons honnêtes : le mail de remerciement standard, c’est comme un croissant sans beurre. Il manque ce petit truc. Pour vraiment sortir du lot, Jenny Wood recommande d’ajouter de la valeur – ne pas se contenter de saluer la politesse. Ptisham Tazi confirme : ce n’est pas le moment de faire dans la neutralité.
- Développer une idée ou une proposition sur la façon dont l’entreprise pourrait progresser
- Rebondir sur des préoccupations évoquées pendant l’entretien et suggérer des pistes de solution
Mais gare à l’ego surgonflé ! Si la démarche est très « Silicon Valley », Ptisham Tazi rappelle qu’il faut y mettre les formes. Proposer des solutions, oui ; imposer sa vision, non. Tout est question de finesse : osez dire, sans imposer. Selon elle, il vaut mieux manifester fortement son esprit de proposition lors de l’entretien, mais ajouter une dimension supplémentaire dans le courrier qui suit ne peut nuire à condition de doser subtilement.
Donner un supplément d’âme… sans en faire trop
Alors, que glisser dans ce mail ? Deux axes simples pour sortir du lot :
- Ajouter un élément oublié : la fameuse compétence oubliée qu’on regrette sur le chemin du retour ! C’est aussi le moment idéal pour poser une question perspicace, histoire de mieux se projeter (et de le montrer) dans le poste.
- Exprimer enthousiasme et intérêt : pas besoin d’écrire noir sur blanc « je suis motivé ». La motivation doit suinter du message, pas de la grammaire.
Résultat : un message percutant, qui ne se contente pas de remercier, mais qui détaille, propose, questionne. Bref, un message à l’image du candidat que tout le monde voudrait avoir dans son équipe.
Mais quand envoyer ce message magique ?
La temporalité est-elle aussi importante que le contenu ? Oh que oui !
Jenny Wood, adepte de la réactivité, conseille de dégainer votre message dans l’heure suivant l’entretien. Selon elle, la rapidité est un signal fort sur votre façon de travailler. C’est le petit côté speed de la Silicon Valley : efficacité, énergie, fluidité… Le genre de tempo qui ne passe pas inaperçu.
Mais Ptisham Tazi propose un tempo différent : laisser un court délai pour prendre un peu de recul, digérer les informations et bâtir un message mûri, mais envoyé rapidement, idéalement dans les 24 à 48 heures. Précipiter la chose ? Mauvaise idée selon elle : cela risque de vous faire passer pour quelqu’un désespérément accroché à ce poste, qui donne l’image d’être disponible à 100 %. Or, mieux vaut laisser entendre au recruteur qu’il ne faut pas vous laisser filer – un peu de suspense, c’est aussi ça, l’entretien d’embauche ! Séduire sans donner l’impression que c’est gagné d’avance.
En somme, peaufiner son après-entretien n’est pas réservé aux acharnés de la compétition : c’est un extra souriant, adapté et intelligent qui, entre deux débriefings de famille et une pause chocolat, pourrait bien faire basculer la balance en votre faveur. Alors, à vos claviers… avec mesure, originalité et tact !