Encore une surprise dans la saga de l’immobilier : votre banquier n’est peut-être plus le seul à vous casser le moral. Depuis 2025, les frais dits « de notaire » pour l’achat dans l’ancien bondissent dans la majorité des départements. Pour beaucoup de Français, la note laisse un arrière-goût amer – et pas seulement parce que le café de l’attente chez le notaire a, lui aussi, augmenté.
Une hausse qui ne passe pas inaperçue
Si, en 2025, vous avez le projet d’acheter un bien immobilier dans l’ancien et que ce n’est pas votre premier achat de résidence principale, préparez-vous à ouvrir un peu plus grand votre portefeuille. Pour un logement à 400 000 euros, les frais de notaire frôlent désormais les 26 000 euros, soit 2 000 euros de plus qu’en 2024. Vous visez plus grand – ou plus chic ? Pour une maison à 1,2 million d’euros, la douloureuse grimpe cette année de 70 000 à 77 000 euros ! Bref, de quoi relativiser le coût du déménagement…
Contrairement à ce que leur nom laisse croire, ces fameux frais de notaire ne finissent pas principalement dans la poche de l’aimable maître qui vous fait signer votre compromis. En réalité, la plus grande part de la somme correspond à un impôt sur la propriété, plus précisément aux droits de mutation à titre onéreux. Le notaire se contente de collecter ce pactole avant de le reverser : principalement aux départements où se situe votre futur chez-vous, une petite part allant aussi aux villes et à l’État.
85 départements sur 101 : la tentation de la hausse
Mais pourquoi cette flambée soudaine ? Depuis le 1er juin 2025, les départements ont obtenu le droit – temporairement, jusqu’au 29 février 2028 – de relever la taxe sur les droits de mutation de 4,5 % à 5 % du prix du bien. Croyez-le ou non, cette option n’a pas fait long feu : 85 départements sur 101 ont sauté sur l’occasion, notamment en Île-de-France et sur le littoral atlantique.
- Pour un bien à 400 000 euros : près de 26 000 euros de frais d’acte contre 24 000 euros en 2024
- Pour un achat à 1,2 million d’euros : 77 000 euros de frais contre 70 000 euros précédemment
- Les sommes ainsi collectées abondent le budget des départements concernés
Ce n’est pas un simple caprice fiscal. Ces mêmes départements avaient bien profité de l’emballement du marché immobilier entre 2021 et 2022, époque bénie où les taux d’emprunt étaient tombés sous les 1 %. Mais la dynamique s’est retournée à la fin 2022, et là, patatras : les recettes issues des droits de mutation ont chuté de plus de 40 % dans plusieurs territoires, à l’exception notable de Paris et de la Gironde. Au niveau national, la manne s’est effondrée : de 1,3 milliard d’euros au sommet de 2022, elle passe à moins de 860 millions en 2024. On a vu mieux comme croissance…
Les départements face à la crise des finances locales
Pour les collectivités, la situation est tout sauf légère. La TVA, transférée aux départements pour compenser la perte de la taxe foncière et qui pèse pour 30 % de leurs ressources, est aujourd’hui « gelée », déplore l’association Départements de France. Pendant ce temps-là, côté dépenses, la pression ne faiblit pas. D’après une porte-parole de l’association :
- 70 % du budget départemental partent dans les dépenses sociales
- Parmi les postes phares : le revenu de solidarité active (RSA), l’aide aux personnes âgées, et celle des personnes en situation de handicap
Or, le nombre de bénéficiaires du RSA repart à la hausse après avoir baissé juste après la crise du Covid-19. En outre, la population vieillit et de plus en plus d’enfants sont placés, compliquant encore davantage la situation budgétaire. Pas étonnant donc que les départements cherchent des marges de manœuvre – et que les « frais de notaire » se transforment en variable d’ajustement.
Conclusion : pourquoi surveiller cette augmentation de près ?
La hausse des frais de notaire en 2025 risque fort de surprendre (voire d’irriter) beaucoup de porteurs de projets immobiliers. Derrière les signatures et les tampons, c’est tout l’équilibre financier des départements qui se trouve questionné. Si vous envisagez d’acheter prochainement, un conseil : vérifiez la nouvelle grille des droits de mutation dans votre département ! Cela pourrait bien influencer le montant du chèque à sortir… et donner une toute autre saveur à la remise des clés.