Votre travail vous rend-il (vraiment) heureux… ou vous gâche-t-il la vie ? Une vaste étude menée sur près de 60 000 personnes vient enfin éclairer la question. L’avertissement ? Oubliez tout ce que vous pensiez savoir : argent, statut, managers héroïques… Pas si simple !
Une étude géante : 263 métiers, une loupe estonienne
Quand une équipe de chercheurs des universités de Tartu, Melbourne, Édimbourg et McGill décide de plonger dans la jungle des métiers qui rendent heureux ou malheureux, elle ne fait pas semblant. Grâce à un panel de près de 60 000 Estoniens (oui, il fallait bien choisir quelque part), l’étude interroge non seulement leur profession et formation, mais aussi leur satisfaction au travail et dans la vie, tout en s’arrêtant aussi sur leurs traits de personnalité. Le tout, mené entre novembre 2021 et avril 2022 via une enquête en ligne. Précision utile : ils avaient tous donné leur sang à une biobanque. Pas de sang neuf, pas de questionnaire, c’est la règle !
Au total, 263 métiers différents sont recensés. Finies les grandes catégories floues : ici, on fait dans la dentelle et la nuance. Mais attention, tous sont estoniens : il se peut donc que certaines spécificités locales influencent les résultats. Vous êtes prévenu.
L’argent et le prestige : des mythes enfin brisés !
Premier twist révélateur : la fortune ne fait pas le bonheur… au travail, en tout cas. Oui, le revenu joue un petit rôle, mais « modeste », selon les chercheurs. Autrement dit : même un salaire à six chiffres ne vous garantie pas la banane au quotidien. Pour ce qui est du prestige, même combat : il ne rime pas non plus avec épanouissement. Adieu, victoire du costume-cravate sur le moral !
Les chercheurs distinguent quand même deux plans : la satisfaction dans la vie et celle au travail. Si le bonheur global et la paix au bureau sont cousins, ils n’habitent pas forcément la même maison.
Les métiers du bonheur et ceux de la galère : à qui le pompon ?
À la question « qui rayonne au boulot ? », la réponse pourrait surprendre :
- Les métiers liés à la santé (oui, dentistes, sages-femmes et kinés, ce clin d’œil est pour vous)
- Les développeurs informatiques
- Les auteurs
Côté souffrance, c’est moins réjouissant avec une surreprésentation d’emplois d’ouvriers peu qualifiés. Si vous travaillez dans le transport, la manutention, la fabrication, ou si vous êtes commis de cuisine, serveur, agent d’entretien ou encore vendeur (divers types confondus), vous figurez parmi les dix métiers les moins satisfaits. Autant dire qu’il y a du boulot pour remonter le moral des troupes… ou songer à une reconversion !
Pourquoi de telles différences ? Vers un travail qui a du sens
Mais pourquoi ces écarts ? Quand les chercheurs gommèrent l’effet des différences de personnalité, un critère saute aux yeux : la possibilité d’atteindre des « objectifs qui ont du sens » et des perspectives d’accomplissement. Traduction : se sentir utile et voir le fruit de son labeur, ça compte, et pas qu’un peu.
Autre surprise : les managers, souvent idéalisés, ne brillent pas par leur joie de vivre professionnelle. Leadership et compétitivité riment ici avec insatisfaction — stress, pression, responsabilités, le combo n’aide visiblement pas à garder le sourire. À l’inverse, les indépendants tirent bien leur épingle du jeu, satisfaits comme jamais.
Les métiers de réflexion (analyse, résolution de problèmes, recherche) offrent eux aussi de belles perspectives d’épanouissement. Quant aux métiers artistiques ou ceux demandant des compétences sociales, les résultats sont neutres : tout dépend sans doute des conditions de travail, fort variables dans ces domaines.
En conclusion ? Si vous voulez donner du sens à vos journées (et accessoirement éviter de les gâcher), réfléchissez aux possibilités d’accomplissement offertes par votre poste plus qu’à la fiche de paie ou à la médaille honorifique. Un conseil à garder… sous le coude, pour la prochaine réunion de service où le moral battra de l’aile !