Envoyer un message privé à un recruteur ? Voilà une idée qui paraît, sur le papier, digne d’un film d’espionnage – ou d’un épisode très intrépide de votre vie professionnelle. Pourtant, ce geste audacieux séduit de plus en plus d’aventuriers du marché du travail, et ce, avec des résultats parfois incroyablement positifs.
Quand le culot remplace le CV (presque)
La tradition, c’est d’envoyer son CV bien poli, accompagné de la sempiternelle lettre de motivation, en croisant les doigts et en priant pour que, quelque part, un recruteur ait pitié de votre candidature perdue dans une mer de concurrents. Mais il y a une nouvelle génération qui, elle, préfère s’affranchir des sentiers battus. Ces candidats prêts à tout (ou du moins à appuyer sur « envoyer ») optent pour une stratégie plus directe : aller toquer à la porte virtuelle des recruteurs, via les messages privés.
La BBC s’est récemment penchée sur cet « art » du message osé. Et il ne manque pas de partisans ! De fait, ils seraient de plus en plus nombreux à contourner les process classiques pour parler aux employeurs, une méthode qui porte ses fruits et a déjà permis à beaucoup d’obtenir les postes de leurs rêves.
Le témoignage qui donne des ailes… et du travail
Prenons l’exemple de Sarah Jenkins. À une époque, elle repère une petite agence de publicité sur les réseaux sociaux. Rien de très folichon jusque-là. Mais la suite ? Elle décide de demander en ami le directeur créatif sur Facebook, puis tente sa chance en lui envoyant un message privé — le genre de démarche qui donne des sueurs froides aux adeptes de la voie officielle.
Le résultat ne se fait pas attendre : le jour même, celui-ci lui transmet le contact du fondateur de l’agence. Une semaine plus tard, elle obtient un entretien… et le poste de rédactrice publicitaire senior. Tout ça alors même qu’aucun poste ne correspondait, à la base, à son profil. « À ce moment-là, ils n’embauchaient pour aucun poste qui correspondait à mon profil. Mais j’ai tenté ma chance en me disant : pourquoi pas ?, et cela a payé », confie-t-elle, la voix probablement emplie de sagesse digitale (et d’un brin de soulagement).
Pourquoi cette stratégie cartonne ?
Si déranger un inconnu en plein surf sur Facebook vous paraît farfelu, détrompez-vous !
Gina Nichols, recruteuse américaine chez HireFor, souligne : « Contrairement aux générations plus âgées, les jeunes disposent de toutes sortes d’outils numériques. Lorsque nous publions une offre d’emploi, nous avons des centaines de candidats en quelques heures : pour se démarquer, certains tentent de joindre le recruteur directement. Je pense que c’est une stratégie intelligente. »
Le constat est simple : la génération hyperconnectée sait comment se singulariser. Envoyer un message privé, c’est sortir de la foule, faire preuve d’initiative et, pourquoi pas, attirer l’œil d’un recruteur pressé par le flux de CV…
Mais il faut savoir doser l’audace. Akhila Satish, directrice générale de la société Meseekna, observe que « nous vivons dans un monde où beaucoup de choses vont plus vite. Le processus de recrutement classique est assez lent : il faut postuler, puis attendre des semaines une réponse. Cette lenteur frustre certains candidats, habitués à établir rapidement des connexions via les réseaux sociaux. » Pourquoi alors ne pas utiliser ces mêmes réseaux pour aller plus vite ?
Toutefois, Satish prévient : « Il faut se renseigner sur la culture de l’entreprise, car une personne qui n’est pas très familière avec les nouveaux médias pourrait voir cela comme une intrusion dans sa vie privée. »
LinkedIn : la voie royale (et sûre) de l’audace numérique
Envoyer un message privé sur Facebook ? C’est bien… mais sur LinkedIn ? C’est mieux, et c’est désormais monnaie courante ! Akhila Satish le recommande chaudement : « LinkedIn est une approche relativement peu risquée, c’est devenu un moyen courant de recrutement. »
Un dernier conseil glané auprès de cette experte : soignez et actualisez votre profil sur la plateforme, histoire de maximiser vos chances d’être repéré.
- Évitez les messages impersonnels qui ressemblent à du spam : soyez authentique et précis.
- Renseignez-vous sur l’entreprise et sur la personne contactée.
- Mettez régulièrement à jour votre profil LinkedIn.
- Osez, mais sachez reconnaître un refus si l’interlocuteur ne souhaite pas poursuivre.
Enfin, Gina Nichols approuve cette démarche proactive : « Même si je n’ai pas de poste correspondant aux compétences du candidat, je discute tout de même avec lui. Cela me permet d’identifier plusieurs personnes avec un profil dynamique et de qualité, que je pourrai rappeler lorsque de nouvelles opportunités d’embauche se présenteront. »
En résumé : sortir des sentiers battus, oser le message privé (en respectant les us et coutumes de la tribu professionnelle en face) peut ouvrir la voie à toutes sortes de possibles. Faites le premier pas. Qui sait, derrière cet écran se cache peut-être votre futur job.