Des millions de retraités passent à côté d’aides qui pourraient changer leur quotidien. Si vous pensiez que votre caisse de retraite ne sert qu’à vous verser (péniblement) votre pension, détrompez-vous : elle peut aussi booster votre autonomie, votre vie sociale, et même protéger votre budget lors de coups durs. Alors, prêt à lever le voile sur ces aides méconnues ?
Vivre chez soi : des aides individuelles essentielles… et (presque) secrètes
- Heures d’aide à domicile pour entretenir son logement (la poussière ne se fera pas toute seule !)
- Livraison des courses : fini les sacs de pommes de terre à porter
- Portage de repas, pour éviter les « pâtes au beurre » répétitives
- Systèmes de téléassistance pour vivre sereinement chez soi
- Hébergement temporaire en cas de besoin
- Accompagnateur pour sortir (coiffeur, courses…)
Mais alors, combien ça coûte ? La valeur du plan d’actions personnalisées (PAP) n’excède pas 3 000 € par an, et votre caisse de retraite prend en charge entre 25 et 90 % des dépenses, selon vos revenus. Plus vous avez de petits moyens, plus elle paie : jusqu’à 90 % si vos ressources ne dépassent pas 953,45 € par mois (1 480,24 € pour un couple). Au-delà de 2 103 € (3 154 € pour un couple), la participation descend à 25 %.
Attention, depuis juillet 2021, un nouveau plan remplace progressivement le PAP : il s’appelle Oscar. Oscar ne fait pas que du ménage ! Il ajoute des « forfaits prévention » : 500 € par an, payés à 100 % (si, si !) pour des kits anti-chutes, de l’accompagnement informatique, du soutien psychologique ou des conseils en gestion. Plus complet, donc, mais toujours aussi utile pour rester autonome.
Se sentir entouré grâce aux actions collectives
Vous avez envie de voir du monde, d’entretenir votre mémoire ou de muscler ce qui peut l’être encore ? Les ateliers collectifs sont faits pour vous. Animés par le régime général, la MSA, la CNRACL ou Agirc-Arrco, ils sont ouverts à tous les retraités de ces caisses… et parfois même à ceux en activité. Le programme est éclectique (ateliers alimentation, mémoire, activité physique adaptée…). Pour savoir ce qui se passe près de chez vous, rendez-vous sur www.pourbienvieillir.fr, rubrique « Bien avec ma caisse de retraite », puis « Trouver un atelier ». Bonne nouvelle : ces activités sont gratuites ! Un bon plan pour lier l’utile à l’agréable sans toucher à votre budget.
Envie de devenir un as des nouvelles technologies ? Il existe même des ateliers « Autonomie numérique » ou des sessions spéciales pour futurs et nouveaux retraités (« Bienvenue à la retraite »). Depuis septembre 2022, ces formats abordent aussi des sujets comme l’impact de la retraite sur la vie sociale ou de famille. Parce qu’apprivoiser sa nouvelle vie, c’est aussi ça, bien vieillir.
Et pour les imprévus ? Des aides d’urgence à ne surtout pas ignorer
- Aide au retour à domicile après hospitalisation (ARDH)
- Aide lors d’une rupture (Asir : veuvage, etc.), avec des heures de service à domicile (3 mois max)
- Aides d’urgence pour situations exceptionnelles : jusqu’à 790 € en 2022 (cambriolage, baisse temporaire de revenus…)
- En cas de catastrophes naturelles : 1 120 € pour une personne seule, 1 780 € pour un ménage
- 203 € pour un « secours énergie » si une facture fait sursauter votre portefeuille
- Aide à domicile momentanée en cas de pépin passager, retour d’hospitalisation, absence d’un proche aidant… Demande au 0971 090 971 (appel non surtaxé)
- Chèques « Sortir plus » pour rémunérer un accompagnant lors de sorties : 3 chéquiers/an de 150 €, à prix décroissant (15, 20, 30 €)
Et si vous êtes fonctionnaire d’État ? Même sans caisse de retraite, les SRIAS (sections régionales interministérielles d’action sociale) proposent des actions autour des sorties culturelles ou de voyages. Il serait dommage de rester sur le banc de touche !
Comment bénéficier de ces aides cachées ?
En général, il faut s’adresser à la caisse auprès de laquelle vous avez cotisé le plus longtemps. Si douze caisses se disputent votre cœur, choisissez la plus ancienne enamou… euh, où vous avez passé le plus d’années ! Quel que soit votre interlocuteur, surtout, osez demander : chaque caisse propose des dispositifs pour ses retraités. Les conditions sont les mêmes pour tous : ces aides concernent ceux qui rencontrent des fragilités et ne peuvent prétendre à l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), et le montant dépendra de vos ressources.
Conseil final : même si vous n’êtes pas (encore) en grande difficulté, un simple coup de fil à votre caisse ou un brin de curiosité sur leur site peut vous ouvrir des portes. Et si vous avez un proche concerné, relayez l’info : la solidarité prend parfois simplement la forme d’une bonne adresse !