Vous pensez maîtriser l’art délicat de l’entretien d’embauche ? Détrompez-vous ! Une faute redoutée, pourtant banale, continue de briser des trajectoires professionnelles… et peu de candidats soupçonnent à quel point elle pèse lourd. Découvrez ce qui fait dresser les cheveux sur la tête des recruteurs et, spoiler alert : il ne s’agit pas (uniquement) d’apporter un club sandwich dans la salle d’attente !
Le verdict des recruteurs : le retard, ennemi public numéro un
Pour lever le voile sur les faux pas les plus rédhibitoires en entretien, la société Ringover a commandé un vaste sondage auprès de 1147 recruteurs. Leur mission ? Déballer, sans filtre, ce qui les exaspère le plus chez les candidats. Le résultat ne laisse (presque) pas de place au suspense : 35,8 % des professionnels interrogés jugent que le principal écueil est… d’arriver en retard à un entretien.
Même cinq petites minutes semblent suffire à plomber vos chances, comme le souligne Jeff Hyman, recruteur de cadres depuis 27 ans, interviewé par CNBC. Pour lui, « être en retard est un énorme frein, car cela signale de l’impolitesse ou un grand ego, ou de l’incompétence et une mauvaise planification ». Rien que ça. Le retard n’a pas simplement mauvais genre : il traduit à leurs yeux bien plus qu’un simple souci de transport ou un réveil capricieux, mais plutôt une attitude incompatible avec un travail d’équipe digne de ce nom.
Que faire si le mal est fait ? L’art de tourner la page sans se prendre les pieds dans le tapis
Avant de défaillir, sachez qu’il arrive aux meilleurs de connaître une tuile professionnelle – pneu crevé, Internet aux abonnés absents, embouteillage d’anthologie (la malchance aime la ponctualité, paraît-il…). Jeff Hyman livre ici un conseil salvateur : reconnaissez le problème sans vous cacher derrière le rideau. « La plupart des gens comprennent si vous avez une bonne raison, mais ne pas reconnaître l’éléphant dans la pièce est bien moins productif », souligne-t-il. Autrement dit : excusez-vous, expliquez brièvement la cause, puis embrayez sur l’entretien comme un professionnel assumé. Simple, efficace, au poil !
Les autres pièges qui couplent vos chances de réussite
Si vous arrivez à l’heure – bravo, premier obstacle franchi – n’oubliez pas qu’une multitude d’autres erreurs guettent les candidats. Cette fameuse étude Ringover liste les principales causes d’irritation (et de rejet potentiel) :
- Absence de contact visuel : mal perçue par 33,7 % des recruteurs. Le regard fuyant laisse perplexe…
- Manque de politesse envers le personnel : 30,8 % y sont réfractaires. Saluer, remercier, sourire au personnel d’accueil n’est pas une option !
- Tenue inappropriée : 29,6 %. Non, le jogging licorne n’est pas la tenue universelle…
- Oubli du CV : 26,4 %. Un classique qui fait toujours mauvaise impression.
Être impeccable dans l’ensemble, c’est bien ; mais une seule de ces lacunes peut remettre en cause la suite de votre parcours, d’où l’importance d’une préparation quasi militaire.
L’astuce bonus : l’enthousiasme, la carte maîtresse selon les pros
Et maintenant, l’astuce qui change la donne et que partage l’experte Erin McGoff aux candidats en quête du fameux facteur X : façonnez votre présentation autour de la formule : « Ce qui m’enthousiasme dans ce travail, c’est… ». Cette petite phrase n’a rien d’anodin. Elle signale au recruteur que vous cherchez un poste non par désespoir, mais parce que vous vous projetez, que vous êtes prêt à avoir un impact et que vos objectifs sont en phase avec ceux de l’entreprise. En prime, cela rassure sur votre capacité à vous intégrer dans le collectif.
Mais (car il y a un mais), ne forcez pas le trait si l’enthousiasme ne coule pas à flots naturellement : un recruteur, c’est un peu le Sherlock Holmes du recrutement, expert pour débusquer le faux-semblant. Plutôt que de jouer les « premier de la classe », mieux vaut s’assumer pleinement, afficher une authenticité simple. Surtout dans le cadre européen, où la sincérité compte plus que la scène, contrairement à la culture anglo-saxonne qui valorise davantage l’obéissance mêlée au talent, à l’expérience… et parfois à l’art du spectacle.
En conclusion, armez-vous de ponctualité, de courtoisie, d’élégance raisonnable et d’un zeste d’enthousiasme sincère. Attention : l’erreur qui ruine des carrières n’attend qu’un ultime retard… alors, à vos montres !