Héritage : ce bouleversement fiscal pourrait frapper des millions de familles dès 2040

Héritage : ce bouleversement fiscal pourrait frapper des millions de familles dès 2040
heritage ce bouleversement fiscal pourrait frapper des millions de familles des 2040

Un tsunami d’héritages est en vue : la France s’apprête à traverser, d’ici 2040, un gigantesque transfert de richesses entre les baby-boomers et leurs héritiers. Mais ce passage de témoin financier porte son lot de crispations, car il menace de bouleverser le paysage fiscal et social de millions de familles. Préparez-vous, le débat sur la taxation des successions ne fait que commencer !

La grande ruée vers l’héritage : un carburant à inégalités ?

Les chiffres donnent le vertige. D’ici quinze ans, selon la Fondation Jean-Jaurès (FJJ), la France va connaître une « grande transmission »: rien de moins que 9 000 milliards d’euros de patrimoine légués par les baby-boomers, soit en moyenne 677 milliards par an. Ce mouvement massif pourrait bouleverser l’équilibre patrimonial du pays.

Mais cette manne ne tombe pas tout à fait “du ciel” de façon équitable. Le Conseil d’analyse économique rappelle que 10 % des ménages détiennent 55 % du patrimoine total en France. Pire encore : la fortune héritée représente aujourd’hui 60 % du patrimoine, contre 35 % dans les années 1970. En clair, l’héritage contribue toujours plus à creuser « les inégalités patrimoniales fondées sur la naissance ».

Concrètement :

  • 50 % des Français hériteront de moins de 70 000 euros durant leur vie
  • Une large partie n’encaissera… rien du tout
  • 10 % des Français recevront plus de 500 000 euros
  • 1 % récoltera plus de 4,2 millions, tandis que 0,1 % dépassera les 13 millions

Réformer la fiscalité des héritages : idées et polémiques

Face à ces écarts, la fiscalité sur la succession revient sur le devant de la scène. Besoin de recettes oblige, le gouvernement et plusieurs parlementaires, surtout à gauche, proposent de réformer en profondeur les droits de succession. Même Yaël Braun-Pivet, présidente macroniste de l’Assemblée nationale, a suggéré mi-octobre de taxer davantage ce « truc qui vous tombe du ciel ».

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Et la FJJ ne mâche pas ses mots : l’héritage à la française fait partie du problème. Son rapport appelle à une réforme qui irait bien au-delà des rustines habituelles : il s’agit de transformer la fiscalité successorale en profondeur dans le but de réduire les inégalités… et de financer des chantiers jugés cruciaux tels que la transition écologique, l’éducation ou la recherche.

L’IGS : le projet aux trois piliers qui secoue tout

L’idée-phare ? Créer un impôt sur les grandes successions (IGS), armé de trois piliers audacieux :

  • Un barème progressif : Dorénavant, une personne ayant reçu moins de 200 000 euros en héritage toute sa vie ne paierait plus d’impôt. Entre 200 001 et 800 000 euros, la taxation ne serait que de 5 %, jusqu’à grimper à 50 % pour les héritages supérieurs à 6 millions.
  • Une frappe sur le « top 1 % » : Pour les très gros héritages, un prélèvement forfaitaire unique s’appliquerait sur les plus-values latentes.
  • La fin des distinctions familiales : Le traitement fiscal ne varierait plus selon le degré de parenté. Plus de surprises à l’ouverture du testament !

Et la FJJ rassure : 99 % des Français resteraient neutres, donc l’immense majorité des familles ne seraient pas touchées par cet impôt sur la mort (si ce n’est l’effroi à l’énoncé du terme lui-même). Les caisses publiques, elles, pourraient engranger 400 milliards d’euros d’ici 2040.

Un projet explosif… mais vraiment à portée ?

Vous sentez monter la tension ? Pas étonnant. Marie Gariazzo, directrice de l’Observatoire société et consommation et économiste, observe qu’« une grande majorité des gens sont viscéralement opposés à l’augmentation des droits de succession ». Ironie du sort : très peu de Français seront effectivement concernés. Elle rappelle que :

  • 35 % des successions portent sur moins de 10 000 euros
  • 87 % des successions n’occasionnent aucun impôt
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Mais le sujet reste électriquement sensible : toucher à l’héritage, ce n’est pas seulement question d’argent – c’est aussi s’attaquer à notre imaginaire collectif, à l’idée-même de transmission familiale. À court terme ? L’IGS a peu de chances de voir le jour. Mais la question ne disparaîtra pas : avec des sommes aussi colossales en jeu, impossible pour les gouvernants de tourner la page aussi facilement.

En attendant, mieux vaut surveiller de près ce « tsunami » patrimonial. Pour le commun des mortels, il y a fort à parier que le grand soir n’est pas pour demain… et que la déclaration de succession restera, hélas, aussi obscure que redoutée !

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