Changer de vie, ça fait fantasmer. Mais entre rêve et réalité, il y a tout un monde… et quelques PowerPoints à éradiquer ! Voici comment j’ai tout quitté pour « l’autre vie » – celle que je ne regrette absolument pas.
Le classique : école, boulot, métro… et le sentiment que tout était déjà joué
Si vous aviez demandé à la jeune adulte studieuse que j’étais – sérieuse, scientifique, diplômée d’une grande école, embauchée en service achats dès 22 ans –, elle aurait souri fièrement. Tout semblait bien tracé, aussi prévisible que le menu à la cantine un jeudi midi. Mais voilà, croire que la vie est écrite à 22 ans, c’est tristounet. Heureusement, la réalité se charge de vous montrer qu’il y a toujours une porte (ou un coup de pied bien placé) prête à vous propulser ailleurs.
Alors j’ai démissionné. Puis, j’ai vécu à l’étranger. Changement de décor et d’air, j’ai dû me réinventer, m’adapter, apprendre (et parfois, j’ai eu droit à la case licenciement et même à un passage par la déprime – le duo gagnant des transitions de carrière !). Mais tout cela m’a menée sur la voie que mon cœur réclamait depuis toujours : l’artistique. J’ai eu mes tout premiers clients, publié un album graphique fièrement rangé sur les étagères des librairies, créé un blog lu des dizaines de milliers de fois. Ce que je faisais ? On me demandait souvent « qu’est-ce que tu fous ? ». Puis, la tonalité a changé : « c’est génial ce que tu fais ! ».
Salariat VS. Freelance : la vérité sans filtre
Sur le papier, être freelance, c’est le bonheur. Ça fait clairement baisser l’envie de retourner dans le salariat… enfin, c’est ce qu’on croit. Les « pour » et les « contre » font la ronde sans jamais vraiment s’arrêter. Voici, sans chichi, les différences majeures que j’ai constatées :
- Ah, les réunions interminables ! Leur principale utilité : remplir les agendas (et vider le moral). Sans oublier les PowerPoint bourrés de listes à puces et de petits bonhommes aux têtes rondes errant entre des flèches absurdes… Franchement, depuis que je suis à mon compte, cette page est tournée. Bon, parfois, j’aimerais toutefois avoir au moins une personne compétente sous la main pour les questions existentielles (car non, je n’ai pas réponse à tout – dommage, ce serait rentable).
- L’emploi du temps, un mythe ou une bénédiction ? En entreprise, quitter le bureau à 18 heures, c’est risquer la blague : « Tu as pris ton après-midi ? ». Le présentéisme à la française, c’est tout un poème. En freelance, c’est – en théorie – la liberté totale. Une petite sieste à 15h ? Personne pour venir juger ! Mais sans flic derrière soi, il faut s’auto-motiver. Qui va me botter les fesses quand je suis encore en pyjama à 11h avec du boulot en retard ? Personne… et c’est là que ça se corse.
- Des collègues, ou plutôt leur fantôme. Hiérarchie et collègues : parfois, c’est le rêve, parfois, c’est l’enfer. En solo, ce souci disparaît, mais l’humain aussi. Résultat : on se rue vers les coworkings ou on invente des communautés pour s’offrir l’illusion d’une entreprise – sans boss, ni horaires à la noix.
- Vacances, je vous hais… ou presque. L’ordinateur ne lâche jamais, la messagerie pro squatte le téléphone – même pour les salariés, il devient parfois ardu de vraiment décrocher. L’avantage du salariat, c’est tout de même les cinq semaines de congés, luxe comparatif certain ! Mais en freelance, même si on choisit son temps, difficile de s’autoriser à lever le pied quand le compte bancaire grimace ou qu’un nouveau projet démange.
- L’argent et la sécurité. Le salariat, c’est rassurant : un salaire à la fin du mois, point. En indépendant, le yoyo financier est de mise : euphories à la hausse possibles (triple jackpot possible, rarissime employé qui triple son salaire !), mais aussi traversée du désert certains mois. L’incertitude financière, il faut apprendre à la dompter.
Travailler, oui… mais pourquoi et comment ?
On pourrait croire qu’on travaille uniquement pour gagner sa vie. Mais ce n’est qu’un bout de la photo : on travaille aussi pour faire tourner ses neurones, collaborer, se sentir reconnu(e), trouver sa place dans la société. Aucun système n’a le monopole du bonheur. Même le statut de salarié, souvent loué pour sa « sécurité », n’offre aucune vraie garantie éternelle. Quant à l’indépendance, elle apporte parfois plus de perspectives (en toute logique, on peut très bien mieux gagner sa vie) mais avec son lot d’incertitudes et de challenges.
Le vrai bilan : choisir ce qu’on aime… et s’adapter !
Honnêtement ? Je ne sais pas de quoi demain sera fait – peut-être un retour au salariat (cette fois, les yeux ouverts !). Ma carrière, comme beaucoup d’autres, sera peut-être longue, encore plus que prévu (merci les réformes toujours en embuscade…). Mais aujourd’hui, ce que je retiens, c’est qu’aucune situation n’est parfaite. Faire ce que l’on aime, sous n’importe quelle forme, c’est déjà beaucoup. Ce bonheur-là n’existe qu’avec de la persévérance et une bonne dose de travail sur le long terme. Alors, et si on profitait de notre questionnement sur nos carrières pour revoir le sens de notre travail – et pas seulement sa forme ? Le monde change… c’est peut-être notre rapport au travail qu’il faut changer avec lui !

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
