Ouvrez vite votre bulletin de paie : il cache une surprise agréable ! Pour la première fois depuis belle lurette, votre salaire de base grimpe plus vite que l’inflation. Et non, ce n’est pas un mirage de fin d’année : c’est la Dares qui le confirme, chiffres à l’appui.
Une inversion de tendance qui fait du bien au portefeuille
Bonnes nouvelles : le scénario pesant de l’inflation effaçant tous les efforts salariaux appartient (au moins provisoirement) au passé. Selon les résultats provisoires de la Dares publiés en novembre 2025, la progression des rémunérations dans le secteur privé permet enfin aux ménages de retrouver un peu de souffle. En clair, le niveau de rémunération de base – la fameuse « première ligne » du bulletin de paie, celle qui exclut primes et heures supp’ – assure un enrichissement réel.
En douze mois, les prix à la consommation (hors tabac) n’ont augmenté que de 1,1 % (de septembre 2024 à septembre 2025). Or, sur la même période, l’indice du salaire mensuel de base (SMB) de tous les salariés a cru de 2,0 %. Déjà 2,1 % au deuxième trimestre 2025, et le rythme se maintient ! Résultat ? Sur un an, le salaire de base bat l’inflation de 0,9 point en euros constants, ce qui équivaut à un vrai gain de pouvoir d’achat – à tel point qu’on aurait presque envie de relire son bulletin de paie, juste pour le plaisir.
La même progression (0,9 % en pouvoir d’achat) est constatée pour l’indice horaire de base des ouvriers et employés, qui affiche lui aussi une augmentation nominale de 2,0 % sur douze mois à fin septembre 2025. Si vous cherchiez encore les bienfaits concrets de ce phénomène, sachez qu’on parle là d’une inversion majeure de tendance.
Des secteurs à plusieurs vitesses
Ça grimpe, oui, mais pas à la même allure pour tout le monde. L’analyse par secteur révèle une hiérarchie nette du côté des gains réels :
- Industrie : en tête, le salaire mensuel de base a bondi de 2,1 % en valeur nominale, ce qui équivaut, inflation déduite, à un joli 1,0 % de hausse en euros constants. C’est le secteur champion du pouvoir d’achat cette année.
- Construction et tertiaire : ils avancent coude à coude, mais un peu moins vite : +1,9 % en nominal, soit un gain réel de 0,8 % sur un an – deux dixièmes de point derrière l’Industrie.
Si l’on zoome sur le troisième trimestre 2025, le tertiaire et l’industrie affichent chacun une progression du SMB de 0,3 %, contre seulement 0,2 % pour la construction. Voilà pour la photo finish !
Les hausses par catégorie socioprofessionnelle : convergence inhabituelle
Côté profils, même constat : la progression s’est répandue de façon étonnamment homogène.
- Ouvriers : +2,0 % de salaire mensuel de base sur 12 mois (0,8 % de hausse réelle)
- Employés : +2,0 % également, mais leur pouvoir d’achat progresse encore un peu plus fort (+0,9 %)
- Cadres : même topo : +2,0 % en nominal et +0,9 % en pouvoir d’achat
- Professions intermédiaires : seule petite exception, avec un retrait minimal à 1,9 % (+0,8 % réel)
Comme dans les secteurs, le classement des gains en pouvoir d’achat suit le même ordre : employés et cadres profitent le plus (+0,9 %), tandis que les ouvriers et les professions intermédiaires ne sont que légèrement derrière (+0,8 %). Si l’on isole la variation trimestrielle pour le troisième trimestre 2025, employés, professions intermédiaires et cadres progressent tous de 0,3 %, alors que les ouvriers affichent un rythme un peu plus lent à 0,2 %. L’égalité règne presque… ou du moins, le fossé s’est bien comblé.
Et le Smic dans tout ça ?
Difficile de parler de salaires sans jeter un œil à l’indice qui sert de base à la revalorisation du Smic. Là encore, la Dares met la comparaison en perspective : l’indice des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie (ouf !) n’a augmenté que de 0,5 % de juin 2024 à juin 2025.
En résumé : alors que les années précédentes avaient laissé un goût amer aux salariés, 2025 semble confirmer le retour (timide mais réel) du pouvoir d’achat. Oui, les hausses varient entre secteurs et profils, mais l’enrichissement est tangible pour (presque) tous – et ça, même les plus grincheux ne vont pas s’en plaindre !
Notre ultime conseil : vérifiez bien la première ligne de votre prochaine fiche de paie… Elle sera peut-être le meilleur mot d’excuse jamais présenté à votre banquier.

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
