L’an dernier, ma boulangère de quartier m’a raconté l’embarras d’ouvrir sa boutique le 1er mai sans savoir si elle risquait une amende. Depuis cette année, un nouveau cadre législatif est en place pour baliser clairement ce jour particulier, alliant respect du jour férié et continuité de l’activité pour certains secteurs.
Travailler le 1er mai : vers une clarification juridique attendue
Le 1er mai reste, selon l’article L.3133-4 du Code du travail, le seul jour férié obligatoirement chômé pour tous les salariés. Historiquement, seuls hôpitaux, transports et services d’urgence pouvaient déroger à cette règle. Mais de longue date, boulangers, fleuristes ou restaurateurs fonctionnaient dans un flou juridique : tolérés un jour, verbalisés le lendemain. Pour mettre fin à cette incertitude, le Sénat a adopté le 3 juillet 2025 une proposition de loi créant une base légale dédiée à ces métiers.
Qui pourra travailler le 1er mai, et dans quelles conditions ?
La dérogation concerne exclusivement les commerces de bouche de proximité (boulangeries, boucheries, pâtisseries), les fleuristes, les jardineries, ainsi que les cinémas et théâtres. Les grandes surfaces n’entrent pas dans ce dispositif.
- Le travail doit reposer sur le volontariat du salarié, matérialisé par un accord écrit garantissant un consentement éclairé.
- Aucune sanction disciplinaire ou licenciement ne pourra être motivé par un refus de travailler.
- Enfin, le doublement du salaire s’applique pour toute heure effectuée ce jour-là, conformément à l’article L.3133-3 du Code du travail, afin de reconnaître la spécificité de la fête des travailleurs.
Une adoption contestée, mais soutenue par le gouvernement
Le groupe communiste a critiqué ce texte comme une « régression sociale », et les syndicats redoutent qu’un vrai volontariat ne soit jamais garanti dans la relation salariale. À l’inverse, le gouvernement et la majorité au Sénat estiment qu’il s’agit d’une mesure de sécurité juridique simple, destinée à sécuriser employeurs et salariés sans remettre en question le caractère férié du 1er mai. Selon la ministre du Travail, cette loi comble une lacune réglementaire tout en préservant le droit au repos de chacun.