Vous pensiez que les tests de personnalité lors des recrutements étaient infaillibles et que tout le monde y répondait avec la candeur d’un enfant devant un sapin de Noël ? Laissez-moi vous emmener dans les coulisses de ces questionnaires… où certains candidats ne se contentent pas de « dire la vérité ». Voici comment les plus malins arrivent à tirer leur épingle du jeu… parfois en contournant subtilement les règles !
Les tests de personnalité : à quoi servent-ils vraiment ?
En entretien, la personnalité, ou pour les plus littéraires, le « caractère », est l’invité vedette. Les psychologues en ressources humaines vous diront que la personnalité, ce socle d’habitudes et de traits bien accrochés, aide à prédire les performances au travail. D’où la prolifération de tests de personnalité pour repérer les grandes caractéristiques des candidats et concocter de belles équipes bien équilibrées. Logique, non ?
Depuis le vénérable test de Cattell (alias « 16PF », 1949), la tendance n’a fait que s’accélérer, avec des noms comme Big Five, Hexaco et surtout MBTI occupant désormais le devant de la scène. Leur fonctionnement ? Une rafale de questions à choix dichotomiques ou nuancés, où tout est ensuite réduit en scores sur différents axes psychologiques. Facile à dire… moins à manier !
Des profils « trop » parfaits qui n’emballent pas les recruteurs
Vous vous dites : « Je vais briller, répondre que je suis affirmé, généreux, spirituel et modeste, et le tour est joué ! » Eh bien, pas si vite. Imaginez un candidat jugé « très intelligent, très assertif, très confiant, très imaginatif, très direct, très placide, très autosuffisant »… Vous pensez que ce genre de profil va rafler la mise ? Pourtant, ce portrait est souvent recalé en recrutement, car jugé trop déséquilibré. S’éloigner trop de la moyenne sur ces fameux traits de personnalité, c’est s’assurer un ticket retour. Certes, c’est bien d’être brillant, mais qui veut d’un collègue qui, au quotidien, surpasse tout le monde ?
Le secret ? Se rapprocher du profil « équilibré », « rond » ou « lisse ». En somme, ni trop ni trop peu : pile le juste milieu qui rassure, et qui surtout ne fait d’ombre à personne dans l’équipe. Oui, c’est parfois un peu ennuyeux, mais dans le recrutement, vaut mieux être un soupçon fade qu’extravagant.
Comment certains candidats manipulent habilement les tests
Voilà le cœur du sujet : comment font les esprits habiles pour obtenir ce fameux profil « idéal » ? Les questionnaires tournant souvent autour des mêmes grandes thématiques, les astuces suivantes sont de mise :
- Répondre systématiquement de la manière la plus conventionnelle possible (vive Monsieur et Madame Toutlemonde, confortablement installés dans la normalité).
- Éviter les extrêmes sur tous les traits, en variant légèrement les réponses entre les groupes de questions qui se répètent : répondre « oui » deux fois, puis « non » la troisième, histoire de lisser le score.
- Ne pas hésiter à se contredire ici ou là : l’uniformité trop parfaite, c’est suspect !
Les défenseurs de ces tests crient à la triche et jurent qu’il n’existe ni bonne ni mauvaise réponse, mais l’envie de sortir du lot ou de se donner toutes les chances ressemble, dans les faits, à soigner son apparence vestimentaire avant un entretien. Un peu de théâtre, mais sans juger trop vite : c’est de bonne guerre.
Les pièges cachés… et leurs limites
Devant ce risque de manipulation, les concepteurs des tests ajoutent parfois des « questions pièges » (ou « lie scales », pour les intimes). Ces questions sondent l’authenticité des réponses :
- « Toutes vos habitudes sont-elles bonnes ? »
- « Vous vantez-vous parfois un peu ? »
- « Avez-vous déjà dit du mal de quelqu’un ? »
L’astuce ? Répondre « non », « oui », et « oui » (même si cela réclame un petit mensonge savoureux) pour paraître honnête et passer le filet. Une fois ces embûches franchies, libre à vous de redevenir le candidat modèle, nuancé et bien dans la moyenne.
Bien sûr, certains objecteront qu’on risque alors de se retrouver dans un poste ne correspondant pas à sa « vraie » personnalité. Mais beaucoup considèrent qu’il vaut parfois mieux ce risque que de ne recevoir aucune proposition.
En prime, il existe des questions dans certains tests –