Et si votre job vous offrait une cape d’invincibilité contre la démence ? Rassurez-vous, il ne s’agit pas de télétravail sur une île déserte, mais d’une réalité bien sérieuse : certains métiers, à force de solliciter notre mémoire, semblent nous protéger (un peu) contre la maladie d’Alzheimer. Non, ce n’est pas une blague, c’est la science qui le dit !
Quand l’hippocampe devient le GPS du cerveau (et un allié inattendu)
Selon une étude fraichement publiée dans The BMJ et menée par des chercheurs de la Harvard Medical School, les chauffeurs de taxi et d’ambulance présentent des taux de mortalité liés à la maladie d’Alzheimer inférieurs à ceux de centaines d’autres professions. Qui aurait cru que sillonner la ville sous la pluie à guetter les feux rouges pouvait devenir votre meilleure séance de préservation cérébrale ?
Ces professionnels ne sont pas seulement des as du volant : ils mémorisent en un temps record l’intégralité des rues d’une ville, développant ainsi une gymnastique mentale rare. Des recherches antérieures menées au Royaume-Uni avaient déjà mis le doigt sur un phénomène étonnant : chez les chauffeurs de taxi londoniens, l’hippocampe – cette zone du cerveau dédiée à la mémoire spatiale et à la navigation – évolue avec les années passées à arpenter la ville. Coup de théâtre : c’est précisément l’une des toutes premières zones touchées par la maladie d’Alzheimer, forme la plus fréquente de démence.
Une étude XXL pour des métiers pleins de surprises
Pour percer ce mystère, les chercheurs n’y sont pas allés de main morte : près de 9 millions de dossiers de personnes décédées aux États-Unis entre 2020 et 2022, couvrant 443 professions, ont été scrutés à la loupe. Les regards se sont vite focalisés sur les rois du volant : chauffeurs de taxi, d’ambulance, de bus, mais aussi pilotes d’avion et capitaines de navire. Bref, tout le gratin du transport.
Le verdict ? Dans la population générale, 1,69 % des décès étaient liés à la maladie d’Alzheimer. Chez les chauffeurs de taxi, ce taux chute à 1,03 %, et chez les ambulanciers à 0,91 %. À titre de comparaison, pour les pilotes d’avion, il grimpe même jusqu’à 2,34 %. Les chercheurs ont tout de même ajusté leur calcul selon l’âge, le sexe, la race, l’origine ethnique et le niveau d’éducation. La palme de la tête la mieux faite revient donc aux as de la mémoire de rue !
Faites des mots croisés, oui, mais le permis taxi n’est pas (encore) obligatoire
Mais alors, faut-il prendre le volant d’un taxi plutôt que de faire des mots croisés ? Minute papillon ! Le Dr Anupam B. Jena, auteur principal de l’étude, avertit qu’il ne s’agit que d’une association, non d’une preuve formelle. Peut-être que seules les personnes dotées d’un GPS intérieur exceptionnel se lancent dans ces métiers, ce qui expliquerait la tendance.
De son côté, Angela Bradshaw, directrice de la recherche chez Alzheimer Europe, rappelle que la prudence reste de mise. Certes, il semble logique que l’entraînement cognitif lié à une navigation régulière puisse réduire le risque de démence. D’ailleurs, des études montrent que stimuler son cerveau – via des activités aussi variées que suivre des cours, écrire des lettres ou faire des mots croisés – est également associé à un risque plus faible de développer une démence au fil du temps.
- Les taux plus faibles d’Alzheimer chez les chauffeurs de taxi/ambulance pourraient refléter une sélection naturelle de personnes déjà douées pour la navigation.
- La majorité des chauffeurs étudiés étaient des hommes, au moment du décès situés entre 64 et 67 ans, alors que la maladie d’Alzheimer se déclare généralement après 65 ans.
- L’étude n’a pas intégré les facteurs génétiques ni les résultats d’imagerie cérébrale.
En bref : il reste des zones d’ombre à lever avant de faire de la conduite urbaine un traitement préventif.
Encore beaucoup à comprendre, mais agir au quotidien…
Les auteurs de l’étude, tout comme Tara Spires-Jones, présidente de l’Association britannique des neurosciences, appellent à poursuivre la recherche pour mieux comprendre comment protéger nos cerveaux de ces maladies dévastatrices. Avec près de 8 millions de personnes atteintes de démence dans l’Union européenne – dont plus de la moitié probablement victimes de la maladie d’Alzheimer – il s’agit d’une priorité de santé publique.
En résumé ? Pas besoin d’abandonner votre GPS, ni d’acheter une voiture jaune fluo. Par contre, solliciter sa mémoire, s’exercer à la navigation (même sur papier !) et conserver une activité cognitive régulière restent des atouts précieux. Peut-être faut-il tout simplement continuer à cultiver cette précieuse curiosité qui fait tourner nos méninges… Sans klaxon, mais avec détermination !

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
