L’entretien d’embauche : ce rendez-vous tant redouté et attendu, dernière étape avant les vacances ou premier pas vers un nouvel été réussi. On pense parfois à la tenue, à la poignée de main, au fameux regard franc. Mais il y a un piège que beaucoup sous-estiment : les pièges de la langue française. Certains mots ou tournures, inoffensives en apparence, peuvent faire capoter vos ambitions sans même que vous le réalisiez…
Ne ruinez pas tout avec ces mots : le guide de survie linguistique
Véritable rite de passage pour quiconque rêve d’un nouveau poste, l’entretien d’embauche est un test impitoyable – et pas seulement de vos compétences. Il s’agit aussi de montrer à votre potentiel futur employeur que vous savez manier la langue de Molière avec doigté. Pour éviter le piège fatidique, Le Figaro a recensé les cinq erreurs à bannir. Voici comment survivre à ce grand oral sans vous prendre les pieds dans le tapis verbal.
Tour d’horizon des cinq mots à éviter absolument
- La locution « de base » : Fréquemment entendue lors des présentations – et souvent à tort. « De base » devrait signifier « fondamental » ou « essentiel », comme dans « un ouvrage de base ». Employer cette expression au sens de « au début » ou « dans un premier temps » est incorrect, dixit l’Académie française. Alors, la prochaine fois que vous hésiterez à dire « de base, j’ai une formation d’ingénieur », privilégiez la sobriété, et rendez hommage à la langue !
- Résistez à « des fois » : L’expression est en pleine prolifération, mais attention, elle n’a pas bonne presse parmi les académiciens. Optez pour « parfois » ou « quelques fois », jugés plus élégants. Une exception existe, dans l’expression populaire et indignée : « Non, mais des fois ! ». Si vous tenez à impressionner votre auditoire et non le surprendre, mieux vaut réserver cette locution à votre cercle le plus proche…
- Attention au verbe « faire » – ou comment éviter « je vais faire court » : Quand l’employeur vous lance le traditionnel « Présentez-vous s’il vous plaît », certains candidats répondent par un timide « je vais faire court ». Ce n’est pas une faute à proprement parler, mais une question de registre. Trop sollicité, le verbe « faire » est à éviter. Préférez « je vais être rapide » ou « voici une présentation rapide ». Cela donne tout de suite le ton d’un Français qui soigne sa langue.
- Soyez vigilant avec le subjonctif après « après que » : Ici, la faute technique guette. On entend trop souvent « Je suis devenu bilingue après que sois parti à l’étranger ». Or, quand on parle d’un fait accompli, c’est bien l’indicatif qui s’impose, soit « après que je suis parti à l’étranger ». À l’inverse, « avant que » déclenche le subjonctif : « avant que je parte ». Deux exemples pour le prix d’un !
- La mauvaise négation avec « jamais » : Quand vous évoquez fièrement un succès en entretien (« c’est le plus bel exploit que je n’ai jamais réalisé »), attention ! « Jamais » signifie aussi « en un temps quelconque », dès lors qu’il s’agit d’un exploit déjà accompli. On ne met donc pas la négation « ne ». Il faut dire « c’est le plus bel exploit que j’ai jamais réalisé ». Les sages de l’Académie française le rappellent, il serait dommage de prendre un carton rouge grammatical alors que le but était marqué !
Faut-il redéfinir l’exigence linguistique en entreprise ?
Si l’art de l’entretien vous semble relever d’un jeu d’équilibriste, rassurez-vous, rares sont ceux qui n’ont jamais trébuché ! Le candidat se doit d’être convaincant et précis, mais aussi de montrer qu’il maîtrise les fondamentaux de la langue. Nul besoin d’être un puriste absolu, mais prêter attention à ces détails vous permettra de vous démarquer, là où d’autres s’empêtrent.
Finalement, ces cinq erreurs sont autant de peaux de banane que de preuves de votre sérieux. Elles ne demandent qu’un peu de vigilance, d’entraînement, et une dose d’humour (en toutes circonstances, garder la tête haute… et le français bon !).
En conclusion : donnez toutes les chances à votre entretien
L’été approche, les entretiens se succèdent, et chaque détail peut faire la différence. Veillez sur votre français comme sur votre CV. Bannir « de base », adopter « parfois », éviter les bourdes de registre ou les erreurs de conjugaison, c’est se donner l’opportunité de briller lors de l’oral décisif. Et qui sait ? Peut-être que ce sera là le plus bel exploit que vous ayez jamais réalisé.

Matteo Calteau est un auteur chevronné sur alloemploi.fr, un site dédié à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au monde de l’entreprise. Il partage des conseils pointus et des analyses pratiques pour guider les professionnels dans leur carrière et leurs projets business. Passionné par le développement et la réussite professionnelle, il offre des contenus clairs et inspirants pour tous.
